Attentat de Nice : « Un moment pénible mais crucial… » Les familles des victimes de l’attaque de la basilique rencontrent le juge d’instruction mercredi

ENQUETE Les familles des victimes de l’attaque terroriste de Notre-Dame rencontrent mercredi le magistrat instructeur pour suivre l’avancée de l’affaire

Elise Martin
La basilique Notre-Dame de l'Assomption à Nice
La basilique Notre-Dame de l'Assomption à Nice — E. Martin / ANP / 20 Minutes
  • Les familles des victimes de l’attentat de Nice, perpétré le 29 octobre 2020, rencontrent mercredi le vice-président chargé de l’instruction au pôle antiterroriste.
  • Initialement prévue le 19 janvier, mais décalée à cause d’une infection au Covid-19, cette réunion a pour but de tenir informées les parties civiles de l’avancée de l’enquête.
  • Pour le moment, « l’information judiciaire étant toujours en cours », « il n’y a pas de date de procès envisagé », indique le parquet national antiterroriste.

Initialement programmée le 19 janvier, la rencontre avec le vice-président chargé de l’instruction au pôle antiterroriste avait été décalée à cause de l’infection du magistrat au Covid-19. C’est donc mercredi que les familles des trois victimes del'attaque au couteau de la basilique Notre-Dame à Nice, perpétrée le 29 octobre 2020, pourront poser leurs questions à Jean-Marc Herbaut et en savoir davantage sur le déroulement des investigations.

L’expertise médicale du suspect, qui se dit amnésique

C’est un volet très attendu par les proches des victimes et qui pourrait être évoqué lors de cette rencontre. Le parquet antiterroriste a demandé une expertise psychiatrique et neurologique approfondie pour déterminer la tangibilité de l’amnésie évoquée par le suspect. Lors de ses trois auditions, Brahim Aouissaoui a contesté les faits reprochés et a affirmé ne se souvenir de rien, ni de son voyage vers la France, ni de son passage à l’acte, ni même du prénom de ses parents. Ce Tunisien de 22 ans a été mis en examen en décembre 2020 pour « assassinats en relation avec une entreprise terroriste », « tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste » et « participation à une association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d’un ou plusieurs crimes d’atteintes aux personnes ».

La requête en nullité formulée par la défense déjà rejetée

Les parties civiles attendaient aussi une réponse cruciale qui est finalement tombée avant la rencontre. Une requête en nullité formulée par la défense a été entièrement rejetée. Me Tewfik Bouzenoune, l’avocat de Brahim Aouissaoui, avait saisi la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris et réclamait l’annulation des procès-verbaux établis juste après l’attentat. Il estimait que le secret de l’instruction avait fait l’objet de plusieurs violations.

Un moment « pénible mais crucial » pour les parties civiles

« Les rencontres entre les juges d’instruction et les victimes ont pour but d’informer les parties civiles du déroulement des investigations et de répondre à leurs éventuelles interrogations sur l’enquête », explique le parquet national antiterroriste à 20 Minutes. « Ce sera un moment pénible mais crucial », prévoit de son côté Joffrey Devillers, le mari de Nadine Devillers, une des victimes. S’il ne sait « pas vraiment à quoi s’attendre », le Niçois explique « faire confiance à la justice ». Pour le moment, « l’information judiciaire étant toujours en cours », « il n’y a pas de date de procès envisagé », selon le parquet.

Un témoin entendu

Mercredi matin, avant de rencontrer les parties civiles dans l’après-midi, le vice-président chargé de l’instruction Jean-Marc Herbaut devrait auditionner pour la première fois un fidèle de la paroisse, principal témoin de l’attaque qui s’était produite le 29 octobre 2020 peu après 8h30. Nadine Devillers, une Niçoise de 60 ans, Simone Barreto Silva, une Franco Brésilienne de 44 ans, mère de trois enfants, et le sacristain Vincent Loquès, 55 ans, père de deux filles, avaient été tués.