Lille : Une résidence réservée à l’éviction des conjoints violents

PREVENTION Une résidence, dédiée à l’éviction et à un accompagnement des conjoints violents placés sous contrôle judiciaire, a vu le jour à Lille

20 Minutes avec AFP
Illustration des violences faites aux femmes.
Illustration des violences faites aux femmes. — S. Alcalay / SIPA
  • Dans cette résidence, « un travail sur la prise de conscience des faits » et un travail de réinsertion sont faits avec les conjoints violents.
  • Ils sont encadrés par des contrôleurs judiciaires, des psychologues et des travailleurs sociaux. La durée d’hébergement est pour une durée de 6 semaines avant le jugement « pour des faits de violence à l’encontre d’un partenaire ou d’un ex-partenaire ».

La mesure a pour avantage de permettre le maintien des victimes au sein du domicile familial. Une résidence, dédiée à l’éviction et à un accompagnement des conjoints violents placés sous contrôle judiciaire, a été inaugurée, lundi à Lille. Au sein de ce Centre d’accompagnement et de prévention (CAP), fonctionnant depuis novembre et géré par le Service de contrôle judiciaire et d’enquête (SCJE), 25 auteurs de violences conjugales peuvent être accueillis avant leur jugement au sein de 10 appartements meublés.

L’accompagnement est basé sur deux axes, explique Caroline Alirol, directrice du SCJE de Lille : « un travail sur la prise de conscience des faits » et un travail de réinsertion.
Une équipe pluridisciplinaire composée de trois contrôleurs judiciaires, deux psychologues et trois travailleurs sociaux est présente au quotidien dans cette structure, présentée comme unique en France. Elle a été créée en partenariat avec le ministère de la Justice, Lille métropole habitat et avec le soutien de la ville de Lille.

« Une priorité de politique pénale »

Le centre « prend en charge toute personne pour des faits de violence à l’encontre d’un partenaire ou d’un ex-partenaire » avant leur jugement pour une durée de six semaines qui peut être renouvelée, détaille Pauline Beautour, sa coordinatrice. Depuis novembre, 250 personnes y ont été suivies et 25 hébergées.

« C’est la première fois que nous créons un centre de cette envergure qui permet à la fois de prendre en charge les personnes placées sous contrôle judiciaire qui attendent l’audience de leur jugement et en même temps de les héberger dans le cadre de l’éviction qui est prononcée », a relevé Isabelle Bruere, directrice générale du SCJE.
Cette association, qui compte des antennes dans toute la France, a été créée en 2001 à Lille où elle est basée.

L’éviction du conjoint violent « est une priorité de politique pénale », a mis en avant la procureure de la République de Lille, Carole Etienne. « Il faut gagner la bataille des mentalités. On a toujours l’impression que s’attarder sur la prise en charge des conjoints violents, c’est réduire la protection et la sécurité des victimes, mais c’est tout le contraire », a ajouté la magistrate.