Marseille : Jusqu’à huit ans de prison contre l’un des plus lucratifs réseaux de stupéfiant, à la cité des Flamants

TRAFIC DE STUPEFIANTS Sur ce point de vente de la cité des Flamants, les policiers avaient observé une activité intense avec une transaction par minute, générant un chiffre d’affaires de 240.000 euros par semaine

20 Minutes avec AFP
Marseille le 17 mai 2011 - La citŽé de la Busserine et la citŽé des flamants en fond dans les quartiers nord de Marseille
Marseille le 17 mai 2011 - La citŽé de la Busserine et la citŽé des flamants en fond dans les quartiers nord de Marseille — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Des peines allant d’un an avec sursis à huit ans de prison ont été prononcées jeudi contre onze prévenus, dont la femme d’un important narcotrafiquant, pour leur participation à l’un des plus lucratifs réseaux de revente de stupéfiants de Marseille.

Lors de leur enquête sur ce point de vente de la cité des Flamants, les policiers avaient observé une activité intense avec une transaction par minute, générant un chiffre d’affaires de 240.000 euros par semaine, selon son superviseur, Michel Boggio, 37 ans, condamné jeudi à 8 ans de prison et 50.000 euros d’amende.

Parmi les onze prévenus figurait la compagne d’Hakim Berrebouh présenté par la police judiciaire comme l’un des principaux narcotrafiquants français interpellé le 18 février 2021 à Dubaï, puis extradé.

Mère de famille

Cette mère de quatre enfants, qui faisait l’objet d’un mandat d’arrêt lancé en janvier, s’était présentée spontanément lundi devant le tribunal. Elle a été condamnée à deux ans de prison sous bracelet électronique et à 10.000 euros d’amende. La procureure avait requis six ans de prison contre elle.

Elle était principalement soupçonnée d’avoir supervisé, depuis le Maroc où elle vivait, la location d’un box à Marseille dans lequel les enquêteurs avaient découvert 581 kg de résine de cannabis.

Le nom de Berrebouh est associé par la police judiciaire à l’un des principaux conflits sanglants opposant des clans rivaux. Hakim Berrebouh a été visé par une tentative d’assassinat en décembre 2013 et son frère Mehdi Berrebouh exécuté en avril 2014.

L’avocat de la prévenue, Me Bruno Rebstock, a dénoncé « la férocité d’un réquisitoire dont l’objectif jamais affirmé est d’abattre judiciairement Hakim Berrebouh en privant de liberté une mère de famille ».

Petites mains

Jeudi, le père de cette dernière, qui avait prêté son appartement pour le stockage et le conditionnement du cannabis ainsi que son cousin, intermédiaire, ont également été condamnés à quatre ans de prison et à une amende de 20.000 euros.

Par ailleurs, deux adjoints, chargés de l’approvisionnement du point de vente et des comptes, ont écopé de peines de cinq et six ans de prison. Des petites mains, trois jeunes hommes âgés d’une vingtaine d’années, dont le rôle était de couper et de conditionner la cocaïne dans des hôtels, ont eux écopé d’un an de prison avec sursis probatoire à quatre ans dont deux ans avec sursis.