Nice : L'IGPN saisie après la diffusion d'une bande-son pornographique dans un centre de rétention à l'heure de la prière

ENQUETE Dans une plainte, quinze étrangers ont dénoncé le traitement reçu dans le centre de rétention administrative de Nice. « Nous venons de saisir l’IGPN d’une enquête préliminaire du chef de harcèlement sexuel », annonce le parquet

F.B.
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La caserne Auvare, à Nice, où est situé le centre de rétention administrative
La caserne Auvare, à Nice, où est situé le centre de rétention administrative — Syspeo / Sipa

La plainte, formulée par quinze étrangers dénonçant le traitement reçu dans le centre de rétention administrative (CRA) de Nice, a déclenché l’ouverture d’une enquête, confiée à la police des polices, annonce ce jeudi à 20 Minutes le procureur de la République. La bande-son d’un film pornographique avait été diffusée en janvier, à l’heure de la prière, dans ces locaux de la caserne de police nationale Auvare, à l’est de la ville.

« Nous venons de saisir l’IGPN d’une enquête préliminaire des chefs de harcèlement sexuel, chantage sexuel par personne dépositaire de l’autorité publique, outrages sexistes par personne dépositaire de l’autorité publique et diffusion de message contraire à la décence dans un lieu public », précise ainsi Xavier Bonhomme.

Des suites possibles au pénal

Une « enquête interne » a déjà été diligentée et la fonctionnaire de police « impliquée a d’ores et déjà été sanctionnée et mutée », selon l’avocate des plaignants Me Hanan Hmad. Mais désormais, c’est donc au pénal que l’affaire pourrait connaître une suite.

Les 1er et 2 janvier, à au moins deux reprises, les étrangers retenus dans le CRA de Nice, dont certains étaient en train de faire leur prière, ont pu entendre ces séquences sans équivoque à travers les haut-parleurs de l’établissement. Selon Me Hanan Hmad, qui a formulé la plainte, « les faits peuvent être qualifiés de harcèlement sexuel » et ils « sont d’autant plus caractérisés que la fonctionnaire en cause a ensuite proposé des relations sexuelles tarifées aux personnes retenues ».