Agression Yvan Colonna : Les députés vont auditionner des cadres de l’administration pénitentiaire

ENQUETE Certaines questions porteront sur le parcours carcéral de l’agresseur radicalisé

M.F avec AFP
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Dans cette photo d'archive prise le 06 mars 2022 montre des manifestants rassemblés à Corte lors d'un rassemblement en hommage à Yvan Colonna (bannière) suite à l'agression de l'activiste indépendantiste à la prison d'Arles.
Dans cette photo d'archive prise le 06 mars 2022 montre des manifestants rassemblés à Corte lors d'un rassemblement en hommage à Yvan Colonna (bannière) suite à l'agression de l'activiste indépendantiste à la prison d'Arles. — Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP

Des hauts cadres de l’administration pénitentiaire vont être entendus dans le cadre de l’enquête sur la tentative d’assassinat dont a été victime Yvan Colonna. « Les auditions porteront notamment sur les conditions de surveillance et la situation pénitentiaire » du militant indépendantiste corse, « ainsi que sur le parcours de détention de son agresseur, M. Franck Elong Abe », a écrit la commission des Lois de l’Assemblée nationale dans un communiqué.

Ce cycle d’auditions organisé par les députés débutera dès la semaine prochaine avec celle du directeur de l’administration pénitentiaire, Laurent Ridel, ainsi que l’actuel et l’ancien directeur de la Maison centrale d’Arles. « D’autres auditions pourront suivre », a précisé la commission des Lois présidée par Yaël Braun-Pivet (LREM).

Une plus grande enquête exigée

La tentative d’assassinat dont a été victime Yvan Colonna le 2 mars à la centrale d’Arles (Bouches-du-Rhône), par un co-détenu radicalisé et condamné pour des faits de terrorisme, a suscité une vague d’émotion et de colère en Corse​. Le président autonomiste du conseil exécutif corse, Gilles Simeoni, a demandé, avec la présidente de l’Assemblée de Corse, la création d’une commission d’enquête parlementaire sur cette violente agression « particulièrement trouble ».

Lors de l’émission Dimanche en politique sur France 3, le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand (LREM) a rappelé qu’une telle commission ne pouvait pas « chevaucher » ou « se substituer à une enquête judiciaire ». Mais « si c’est nécessaire, l’Assemblée nationale, dès qu’elle reprendra ses travaux, c’est-à-dire au mois de juin », pourra « décider de créer une commission d’enquête », a-t-il déclaré.

« Nous prenons acte avec un début de satisfaction de ces auditions », a commenté le député nationaliste corse Jean-Félix Acquaviva (Libertés et Territoires), également membre de la commission des Lois. « Mais nous souhaitons avec des députés d’autres groupes parlementaires que l’ensemble des protagonistes administratifs, mais aussi politiques puissent être conviés à ces auditions », a-t-il ajouté.