Var : Pour un fer à souder et le meurtre du voleur présumé, 22 et 18 ans de prison requis contre un couple de retraités

PROCES Le couple de retraités est accusé d’avoir tué leur voleur présumé à coups de pistolet puis en le brûlant dans son véhicule

20 Minutes avec AFP
M. Dauriat et sa compagne sont respectivement accusé d'assassinat et de complicité d'assassinat
M. Dauriat et sa compagne sont respectivement accusé d'assassinat et de complicité d'assassinat — Gilles Varela / 20 Minutes

Mort pour un fer à souder : 22 et 18 ans de réclusion criminelle ont été requis jeudi aux assises du Var contre un couple de retraité accusés d’avoir tué leur voleur présumé à coups de pistolet puis en le brûlant dans son véhicule.

Il l’appelait « ma Louloute » : Henri Dauriat, 78 ans, ancien chauffeur routier, entretenait une relation avec Chantal Delmarche, de 10 ans sa cadette, de nationalité belge.

Tous les deux sont cabossés par la vie, surtout elle, petite femme aux cheveux blancs coiffés en queue-de-cheval. Deux mariages, dont l’un avec un homme « violent et pédophile ». Et le souvenir d’un père qui, jusqu’à ses 16 ans, lui a « interdit de pleurer », a-t-elle témoigné jeudi à Draguignan.

Décrit comme « bourru, rustre » et « sans affect » par les experts, Henri est passionné de bricolage : « Les outils, c’est toute ma vie, peut-être pas aussi important qu’une vie humaine, mais tout de même », a-t-il lâché.

« Ni un routard du crime, ni un professionnel du crime », selon la défense

Leur victime, Marc Tari, un voisin de 51 ans, avait lui des problèmes d’alcool et de drogue. Il avait « perdu beaucoup de poids, on soupçonnait un cancer », a raconté sa sœur à la barre. En octobre 2018, le cadavre de ce père de cinq enfants est retrouvé dans le coffre de sa voiture, calcinée, à Besse-sur-Issole, dans l’arrière-pays varois.

Respectivement mis en examen pour assassinat et complicité d’assassinat, M. Dauriat et sa compagne sont accusés d’avoir tiré sur M. Tari avec un pistolet, puis de l’avoir placé dans le coffre de sa voiture avant d’incendier celle-ci. Selon les expertises, la victime, touchée de deux balles, était encore en vie quand le véhicule s’est embrasé.

Le lendemain des faits, M. Dauriat était parti précipitamment dans le Puy-de-Dôme. Arrêtée par les gendarmes, sa complice présumée ne l’avait jamais rejoint.

« Dans le box, vous n’avez ni un routard du crime comme Francis Heaulme, ni un professionnel du crime », a insisté l’avocat d’Henri Dauriat, Me Olivier Lantelme, en demandant la requalification du chef d’accusation en « violences aggravées ayant causé la mort sans intention de la donner ».

« Couple infernal » selon les parties civiles

Au procès, ouvert depuis lundi, M. Dauriat a maintenu avoir agi sous le coup de la colère, alors qu’il reprochait à la victime de lui avoir volé un fer à souder, quatre ans plus tôt. Il en voulait sans doute aussi à « Marco » de convoiter sa compagne alors qu’il lui « avait déjà piqué une gonzesse », a rappelé l’avocat général.

Une bagarre aurait éclaté entre la future victime et Chantal. Son compagnon, parti chercher un pistolet, aurait alors tiré à deux reprises. Le couple avait ensuite placé la victime dans le coffre de sa voiture, avant de lui entraver un poignet et une cheville à l’aide d’une paire de menottes puis de conduire la voiture dans la garrigue, de l’arroser d’essence et d’y mettre le feu.

Mme Delmarche, qui se présente comme une « bonne mamie », a contesté avoir participé à l’incendie de la voiture. Des traces de suie découvertes sur ses chaussures semblent pourtant prouver le contraire.

« Mais à part les chaussures, où sont les preuves ? », s’est insurgé Adam Krid, l’avocat de Mme Delmarche, en demandant l’acquittement de sa cliente.

« Madame Delmarche nous dit : "je vous dis la vérité". Mais nous en sommes à quinze vérités », a asséné l’avocat général, David Malicot, durant ses réquisitions. « Je n’accorde aucune importance à vos propos, car ils ne sont pas crédibles », a-t-il lancé à l’accusée.

Ce duo qualifié de « couple infernal » par les avocats des parties civiles connaîtra son sort vendredi.