Affaire Jacqueline Veyrac : Forte aggravation des peines requise au procès en appel de ses ravisseurs

PROCES Le parquet a réclamé des peines allant jusqu'à 25 ans de réclusion contre les responsables présumés de l'enlèvement, à Nice en 2016, de la riche femme d'affaires

F.B. avec AFP
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Jacqueline Veyrac et son avocat Me Luc Febbraro, le 8 janvier 2021 à Nice
Jacqueline Veyrac et son avocat Me Luc Febbraro, le 8 janvier 2021 à Nice — LIONEL URMAN/SIPA
  • Dénonçant « des crimes d’une gravité exceptionnelle », l’avocate générale a demandé une forte aggravation des peines au procès en appel de neuf hommes accusés d’avoir participé au rapt de Jacqueline Veyrac.
  • Les peines les plus sévères ont été requises contre le trio de ravisseurs : 20 ans de réclusion contre Ali Gueffaz et Bassem Ben Fekih, 25 ans contre Wajdi Ben Hamroun.
  • En janvier 2021, ils avaient été condamnés à quatorze ans de réclusion pour les deux premiers, quinze ans pour le troisième.

Devant la cour d’assises d’appel d’Aix-en-Provence ce mardi, l’avocate générale a frappé fort dans ses réquisitions, bien plus fort que la cour d’assises des Alpes-Maritimes, en première instance. Dénonçant « des crimes d’une gravité exceptionnelle », Marie-Laure Ferrier a demandé une forte aggravation des peines au nouveau procès de neuf hommes accusés d’avoir participé au rapt de Jacqueline Veyrac, riche héritière propriétaire de prestigieux établissements sur la Côte d’Azur, en 2016.

Les peines les plus sévères ont été requises contre le trio de ravisseurs : 20 ans de réclusion contre Ali Gueffaz et Bassem Ben Fekih, 25 ans contre Wajdi Ben Hamroun. « Tu te tais où je te bute ! », aurait lancé ce dernier à la victime alors âgée de 76 ans, à qui les ravisseurs avaient refusé un seau d’aisance durant les deux jours de sa séquestration, à Nice, dans le coffre d’un utilitaire. En janvier 2021, ils avaient été condamnés à quatorze ans de réclusion pour les deux premiers, quinze ans pour le troisième.

« Il lui fallait un coupable, ça a été Jacqueline Veyrac »

Le procès en appel se tient sans Giuseppe Serena, considéré comme le commanditaire du rapt et condamné à 18 ans de prison. Si son cas a été disjoint pour des questions de santé, c’est lui qui a encore été au cœur des débats. « Tout commence par la mégalomanie de [ce restaurateur], rongé par la folie des grandeurs » et à qui Jacqueline Veyrac avait confié la gestion d’un établissement, a plaidé l’avocat de la victime. Cet Italien avait rapidement croulé sous les dettes et « n’a pas supporté sa chute ». « Il lui fallait un coupable, ça a été Jacqueline Veyrac », a tranché Me Luc Febbraro.

Le parquet a aussi demandé 25 ans de réclusion contre Philip Dutton, l'« infatigable organisateur de cette vengeance ». Ce Britannique, qui vivait en foyer de SDF à Jersey, a « tout quitté, cédant au bagout d’un Italien bonimenteur » pour prendre « sa revanche d’une vie ratée », selon l’avocate générale. Il avait été condamné à quatorze ans de prison.

Quinze ans requis contre un ex-paparazzi devenu détective privé

Contre Luc Goursolas, ex-paparazzi reconverti en détective privé, Marie-Laure Ferrier a réclamé quinze ans, pour complicité d’enlèvement et de séquestration. La cour d’assises l’avait seulement condamné à deux ans de prison, dont un avec sursis, pour non-dénonciation de crime. C’est lui qui avait placé des balises sous le véhicule de la victime, mais sous le seul prétexte d’une supposée enquête pour adultère, a-t-il toujours expliqué.

Huit ans de prison ont été demandés contre Salim Bousbia, qui aurait mis en relation les organisateurs du rapt et le trio d’exécutants, issus du quartier des Moulins à Nice. La même peine a été requise contre Achraf M’Hamdi, acquitté en première instance. Selon l’avocate générale, sa participation à cet enlèvement serait démontrée par la présence de son ADN dans le véhicule dans lequel Jacqueline Veyrac avait été séquestrée. Enfin, des peines de cinq ans dont trois avec sursis ont été requises contre deux accusés jugés pour association de malfaiteurs.