Affaire Maëlys : Cette lettre des parents d’Arthur Noyer qui sonne le glas de Nordahl Lelandais

ASSISES Une lettre des parents d’Arthur Noyer, adressée à Nordahl Lelandais, a été lue mercredi après-midi durant les plaidoiries des parties civiles. Un moment fort du procès

Caroline Girardon
Le portait de Maëlys de Araujo, à l'entrée de la cour d'assises de l'Isère.
Le portait de Maëlys de Araujo, à l'entrée de la cour d'assises de l'Isère. — JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
  • La treizième journée du procès de Nordahl Lelandais, jugé pour le meurtre de Maëlys, a été consacrée aux plaidoiries des parties civiles.
  • Une lettre des parents d’Arthur Noyer, lue mercredi après-midi, a bouleversé la cour.
  • Leur fils, considéré comme la première victime de l’accusé, a été tué en avril 2017. Soit quatre mois avant Maëlys.

À la cour d’assises de l’Isère

Il aura suffi d’une lettre pour donner le coup de grâce à Nordahl Lelandais. Pour convaincre les jurés que le bonhomme n’a, en réalité, guère changé malgré ce qu’il tente de faire croire depuis le  début de son procès. Cette lettre, d’une page et demie, a été rédigée par les parents d’ Arthur Noyer, la  première victime de l’accusé. Elle a été lue mercredi après-midi, lors des plaidoiries des parties civiles, submergeant d’émotion la salle d’audience.

Se retrouver dans une cour d’assises, face au « bourreau » de son enfant, est une épreuve particulièrement difficile. Le couple Noyer le sait. Il en a fait la cruelle expérience au mois de mai 2021, lorsque Nordahl Lelandais a été jugé pour le meurtre de leur fils. Ce fils, que l’accusé n’a de cesse de présenter comme « un mec bien ». Ulcérés, révoltés, les parents du caporal ont pris la plume pour dire ce qu’ils avaient sur le cœur.

« Vous êtes un meurtrier »

« A quoi jouez-vous ? », s’indignent-ils dans cette lettre datée du 14 février. « Non, il n’y a pas eu d’altercation entre vous et Arthur, il n’y a pas eu de bagarre, comme vous le dites pour sauver votre peau. Vous avez commis un meurtre. Vous avez été jugé, vous avez été condamné et vous n’avez pas fait appel. Vous êtes un meurtrier. »

A la barre, Fabien Rajon, l’avocat de la mère de Maëlys, ponctue chaque phrase d’un regard en direction de la cour ou de l’accusé. Un silence de cathédrale règne dans le prétoire. Les mots transpirent la colère, la douleur, mais sonnent juste. Ils viennent frapper, un par un, Nordahl Lelandais qui reste pourtant impassible. A peine, baisse-t-il la tête de temps en temps.

Un « individu abject », un « être malfaisant »

« Les dix mètres carrés de votre cellule sont-ils moins vivables que les deux mètres carrés de la tombe d’Arthur ? », s’interroge le couple Noyer. Et de poursuivre : « Vous dites que l’image d’Arthur vous revient tous les jours, nous aussi. Mais cela ne vous a pas empêché de vivre. Nous, si. Alors arrêtez de vous servir d’Arthur pour faire croire que vous avez de l’empathie. »

Non, Nordahl Lelandais « n’a pas changé ». Il reste « un être malfaisant », un « menteur », un « manipulateur », un « lâche », un « individu abject ». On le sait, un « arbre pourri ne donne pas de bons fruits ».

Vendredi, l’accusé sera fixé sur son sort. Seuls les jurés décideront de sa peine. Les parents d’Arthur, eux, n’ont qu’un seul dernier vœu : « Que les visages de vos victimes, de nos enfants tués de vos propres mains, vous hantent pour l’éternité », concluent-ils à l’attention de l’accusé.

Suivez la suite de ce procès sur le compte Twitter de notre journaliste @CaroGirardon