Affaire Maëlys : Le récit glaçant de l’enlèvement éclair de la fillette par Nordahl Lelandais

PROCES Au quatrième jour du procès de Nordahl Lelandais devant les assises de l’Isère, les enquêteurs ont retracé avec précision la chronologie des derniers instants de Maëlys

Caroline Girardon
— 
Les parents de Maëlys
Les parents de Maëlys — Olivier Chassignole/AFP
  • Lors de la quatrième journée du procès de Nordahl Lelandais devant les assises de l’Isère, les enquêteurs ont retracé avec précision la chronologie des derniers instants de Maëlys.
  • Son enlèvement s’est déroulé en à peine une minute.
  • A 2h45, elle était vue pour la dernière fois. A 2h46, elle se trouvait déjà dans la voiture de l’accusé.

A la cour d’assises de l’Isère

Elle aurait dû danser comme une petite folle. Certainement entraînée par sa mère au milieu de la farandole. Seulement, lorsque le tube de Rednex Cotton Eye Joe s’est mis à résonner dans la salle des fêtes de Pont-de-Beauvoisin,  Maëlys n’est jamais venue sur la piste de danse. Un signe qui ne trompe pas, car la fillette de 8 ans adorait cette chanson. Jennifer, sa maman, l’a immédiatement cherchée du regard, s’étonnant de son absence. Il était 2h46 et 52 secondes, ce dimanche 27 août 2017. Quarante secondes plus tôt,  Nordahl Lelandais a basculé son téléphone portable en mode avion, filant au volant de sa voiture, avec l’enfant assise sur le siège passager avant.

Au quatrième jour du procès de l’accusé, jugé pour le meurtre de Maëlys, les gendarmes se sont relayés à la barre pour dresser une chronologie ultra-précise des faits qui lui sont reprochés. La conclusion est effrayante : la vie de l’enfant a basculé en l’espace d’une minute. Peut-être moins.

2h45, l’heure à laquelle Maëlys est vue pour la dernière fois au mariage

A 2h45, un couple d’invités, qui s’apprêtait à quitter la noce, vient l’embrasser pour lui dire au revoir. Ils sont les derniers à l’avoir vue vivante. Les gendarmes sont formels sur l’horaire. Ils ont recoupé leur témoignage avec l’heure, à laquelle la chanson, dont ils se souvenaient, a été diffusée dans la salle. « A ce moment-là, Maëlys se trouvait à côté du buffet et à proximité de la salle de sortie de la cuisine », relate l’adjudant-chef François Tixier, analyste en recherche criminelle.

La suite, tout le monde la connaît : l’enfant est montée dans la voiture de l’accusé. Comment et pour quelles raisons ? Pour l’instant, le mystère reste entier. Lelandais s’est toujours contenté d’expliquer que la fillette l’avait supplié de l’emmener chez lui afin de voir ses chiens. Une version à laquelle ne croient pas les parties civiles, convaincues de l’enlèvement pour des motifs inavoués.

Le récit, livré avec précision par les gendarmes, glace. Cinq minutes avant d’être vue pour la dernière fois, Maëlys a échangé avec ses grands-parents. Eux aussi étaient sur le départ. « Sa grand-mère lui a proposé de rentrer avec eux », indique François Tixier. Mais la petite fille a décliné, préférant rester pour jouer encore un peu. Dans la salle d’audience, chacun se refait le scénario dans sa tête.

Les premiers coups portés à 2h49

Les enquêteurs ont acquis la certitude que la mort a été donnée très peu de temps après. Deux minutes à peine après avoir quitté le site, l’Audi de Lelandais est repérée par les caméras de vidéosurveillance. Sur les images projetées à l’audience, Maëlys est bien présente dans le véhicule. Il est 2h48. « A 2h49, Nordahl Lelandais va porter les premiers coups », précise l’adjudant Olivier Doudet, directeur d’enquête.

Shooté à la cocaïne, l’ancien militaire file alors en direction de la voie de chemin de fer qui se trouve une centaine de mètres après son domicile. « Il restera sur place environ 14 minutes avant de regagner sa maison pour changer de vêtements », ajoute le gendarme. Aujourd’hui, on sait avec certitude qu’il a déposé le corps de l’enfant à cet endroit précis. Avant de venir le récupérer à 4h10 et d’aller l’enterrer sur les hauteurs de la forêt d’Attignat.

Le procès se poursuit jusqu’au 18 février. L’accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Suivez la suite de ce procès sur le compte Twitter de notre journaliste @CaroGirardon