Affaire Otom : Le procès du street-artiste niçois accusé du meurtre de sa compagne s’est ouvert aux Seychelles

COUR SUPREME Thomas Debatisse, 35 ans, encourt la prison a perpétuité. Il clame son innocence.

F.B. avec AFP
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Le palais de justice des Seychelles, à Victoria, où se déroule le procès
Le palais de justice des Seychelles, à Victoria, où se déroule le procès — Judiciary of Seychelles
  • « Vu les preuves qui sont présentées dans cette affaire, il ne fait aucun doute que mon client est innocent », a déclaré Bazil Hoareau, l'avocat seychellois de Thomas Debatisse, jugé depuis ce jeudi pour le meurtre de sa compagne sur cet archipel de l'océan indien.
  • Aux Seychelles, l’autopsie a conclu à un étranglement et Thomas Debatisse a été incarcéré, les autorités judiciaires le considérant comme « fortement suspect ».
  • En France, une enquête parallèle ouverte à Nice a, à l’inverse, privilégié l’hypothèse de la pendaison, et donc du suicide.

Quelque 25 personnes sont appelées à témoigner, sur plus d’un mois de débats. Le procès de Thomas Debatisse a débuté ce jeudi à Victoria, la capitale des Seychelles, où  ce street artiste niçois est jugé pour la mort de sa compagne, Emmanuelle Badibanga, retrouvée morte dans la chambre d’hôtel qu’ils occupaient dans l’archipel.

Connu sous le surnom Otom, l’Azuréen de 35 ans encourt la prison à perpétuité. Il clame son innocence. « Vu les preuves qui sont présentées dans cette affaire, il ne fait aucun doute que mon client est innocent », a déclaré Bazil Hoareau, son avocat seychellois.

Les enquêtes seychelloise et française s’opposent

La jeune femme de 32 ans, gérante d’un lieu dédié à de l’événementiel à Nice, avait été découverte pendue à l’accroche-serviettes de la salle de bains d’une des chambres du Club Med, sur l’île de Sainte-Anne, le 27 avril. Aux Seychelles, l’autopsie a conclu à un étranglement et Thomas Debatisse a été incarcéré, les autorités judiciaires le considérant comme « fortement suspect ». En France, une enquête parallèle ouverte à Nice a, à l’inverse, privilégié l’hypothèse de la pendaison, et donc du suicide.

L’audience de jeudi, commencée en retard vers 14 heures, heure locale, en raison d’une confusion liée aux protocoles anti-Covid, a été consacrée à la présentation des faits aux neuf membres du jury. Thomas Debatisse, vêtu de noir, est apparu amaigri mais souriant avant d’entrer dans la salle d’audience de la Cour suprême des Seychelles, l’équivalent de la cour d’assises en France. Il a écouté les faits qui lui sont reprochés « en haussant les épaules », selon le site d’information local Seychelles news agency.

« Que la justice remette les choses au clair »

La famille d’Emmanuelle Badibanga n’était pas représentée, le système judiciaire seychellois ne prévoyant pas de partie civile. Son oncle par alliance, Michael Gronier, était le seul membre de sa famille sur place. Il a nié les articles qualifiant la jeune femme de « dépressive » et estime que la mairie de Nice a un « parti pris » dans cette affaire.

« Ma nièce n’était pas du tout dépressive, c’est d’ailleurs ce qu’a conclu un rapport de police qui a été effectué en France, a-t-il déclaré. On s’attend que la justice remette les choses au clair concernant son état de santé, car c’était une battante. »

Egalement présent au tribunal, l’ambassadeur de France aux Seychelles, Dominique Mas, a dit avoir « confiance » dans la justice locale. « Je suis cette affaire de près car cela concerne deux Français, et aussi pour la mémoire de la famille d’Emmanuelle et pour que Debatisse puisse s’exprimer sur ce qui s’est passé », a-t-il aussi indiqué.