Meurtre de Vanesa Campos : Les accusés expriment leurs « excuses » avant le verdict

PROCES Les deux principaux accusés risquent quinze et vingt ans de prison, contre cinq pour les autres membres de l’expédition punitive au bois de Boulogne

X.R. avec AFP
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Au procès du meurtre de Vanesa Campos, les accusés s'excusent avant le verdict.
Au procès du meurtre de Vanesa Campos, les accusés s'excusent avant le verdict. — Benoit PEYRUCQ / AFP

« Je m’excuse pour tout ce qui s’est passé, je suis désolé. » Mahmoud Kadri, qui s’exprime via un interprète en langue arabe, s’effondre en larmes à l’évocation de sa mère. Désigné par ses coaccusés comme celui qui avait tiré sur Vanesa Campos dans la nuit du 16 au 17 août 2018, ce qu’il conteste, le jeune homme de 24 ans risque 20 ans de réclusion criminelle.

A l’encontre de Karim Ibrahim, 29 ans, également renvoyé pour « meurtre en bande organisée », l’avocat général Olivier Auféril a sollicité une requalification en « complicité de meurtre » et une peine de quinze ans de réclusion. « Je suis désolé pour tout ça, je suis désolé », répète l’accusé dans ses derniers mots à la cour, avant que celle-ci ne parte délibérer.

Cinq ans de prison requis pour les six autres accusés

Vanesa Campos, travailleuse du sexe péruvienne de 36 ans, avait été tuée par balle au cours d’une expédition punitive, dans un endroit reculé et plongé dans l’obscurité du bois de Boulogne où elle exerçait depuis deux ans. Le soir des faits, elle s’était retrouvée « nue, sans défense, face à l’arrivée [d’une] meute », un groupe d’au moins une dizaine de jeunes hommes, armés et « galvanisés par un sentiment de toute-puissance », avait souligné l’avocat général. Cette expédition était destinée à « reprendre la maîtrise du territoire en faisant cesser la résistance » de  prostituées transgenres sud-américaines, qui avaient engagé des « protecteurs » face aux agissements d’une bande de voleurs qui détroussaient leurs clients depuis plusieurs années.

Au total, huit hommes, tous d’origine égyptienne, comparaissent dans ce procès. En plus des peines lourdes pour les deux premiers, qui se renvoient la responsabilité du crime, le représentant de l’accusation avait requis des peines de cinq ans d’emprisonnement, dont l’une assortie du sursis, contre cinq accusés jugés pour leur participation à l’expédition punitive. Une même peine de cinq ans de prison a été demandée contre un huitième homme, jugé pour le vol de l’arme du crime, un pistolet dérobé une semaine plus tôt à un policier alors qu’il se trouvait avec une prostituée.

L’avocat général a requis en outre une interdiction de port d’arme et une interdiction, d’une durée de dix ans ou définitive, du territoire français pour les huit accusés. Le verdict est attendu dans la soirée.