« Etats généraux de la justice » : La lenteur du système pointée du doigt

RAPPORT Lancés mi-octobre par Emmanuel Macron, les Etats généraux de la justice doivent s’achever fin février avec la remise d’une synthèse et de propositions par un comité indépendant

20 Minutes avec AFP
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Illustration de la justice.
Illustration de la justice. — Pixabay

Selon la première synthèse des Etats généraux de la justice (EGJ), publiée ce jeudi, la lenteur de la justice et le sentiment d’une justice laxiste et inégalitaire sont les éléments les plus partagés par  les citoyens participants aux débats.

« Les citoyens interrogés partagent un consensus particulièrement fort autour de la lenteur de la justice. Le sentiment d’une justice laxiste et d’une justice "injuste" (inéquitable, inégalitaire) correspond respectivement au 2e et 3e consensus le plus partagé », indique cette synthèse publiée sur le site parlonsjustice.fr.

« Défaut d’humanité »

Les citoyens se répartissent ensuite de manière équilibrée entre ceux qui défendent un renforcement des moyens de la justice et ceux qui partagent un souci de simplification de la justice ayant pour objectif une « justice plus humaine et plus proche du citoyen », relève l’étude. Si le professionnalisme et l’écoute sont les deux qualités reconnues par les citoyens ayant fait l’expérience de la justice, le « défaut d’humanité » est classé parmi les premiers griefs des déçus de la justice.

Pour améliorer son fonctionnement, les citoyens privilégient spontanément les moyens, l’accessibilité et une meilleure information et sensibilisation au fonctionnement de la justice, notamment via l’éducation. La synthèse indique également que les citoyens sont solidaires des magistrats et des agents sur le thème de l’augmentation des moyens et sont particulièrement conscients des difficultés de la profession.

Plus d’un million de contributions

Du côté des magistrats et agents (greffiers, etc.) c’est la demande de moyens supplémentaires – « dignes » d’un service public – qui arrive en tête des préoccupations. Les acteurs internes de la justice souhaitent également le recentrage sur le cœur de métier de la justice et une meilleure efficacité du système judiciaire. Sur le plan organisationnel, les agents et magistrats évoquent principalement le besoin d’attribuer les tâches non juridictionnelles à un personnel dédié, de recentrer les magistrats et les greffiers sur leur fonction juridictionnelle.

Au 22 décembre, environ 50.000 personnes avaient participé aux EGJ. Au total, ce sont plus d’un million de contributions individuelles ou collectives qui ont été déposées par ces participants sur la plateforme et analysées, s’est félicitée la Chancellerie. Lancés mi-octobre, les EGJ doivent s’achever fin février avec la remise d’une synthèse et de propositions par un comité indépendant présidé par Jean-Marc Sauvé, déjà coordinateur du rapport sur la pédocriminalité dans l'Eglise catholique. Les EGJ se déroulent alors que le malaise est toujours vif chez les magistrats qui s’étaient mobilisés en masse mi-décembre pour dénoncer leur « souffrance » et leur « désespérance ».