Yvelines : Une mère condamnée pour avoir diffusé la vidéo d’un policier qui casse le nez de son fils

VIOLENCES POLICIERES L’avocat de la famille accuse la procureure de Versailles de couvrir les policiers

R.L.D. avec AFP
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Des policiers devant un tribunal. (Illustration)
Des policiers devant un tribunal. (Illustration) — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

Un nez cassé pour un ado, une vidéo diffusée par une mère et une enquête confiée l’IGPN. Tout part commence le 7 novembre, lorsque des policiers au Chesnay (  Yvelines) sont à la recherche d’une adolescente signalée en fugue par sa mère. Ils la retrouvent chez son petit ami José et sa mère Maria. Ils interpellent alors l’adolescent de 15 ans, sous les yeux de sa mère, qui filme avec son  téléphone portable. « Le gamin est jeté sur son lit et menotté. D’un coup de coude, l’un des policiers lui casse le nez », raconte dans son édition de mercredi le Canard enchaîné qui a pu consulter la vidéo.

Le parquet de Versailles a indiqué ce mercredi avoir saisi l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour enquêter sur les conditions d’interpellation de l’ado, dénoncées par son avocat dans l’article de l’hebdo et qui font l’objet d’une plainte. Cette plainte avec constitution de partie civile (CPC), datée du 23 décembre, a été déposée pour « faux en écriture publique et usage de faux », « violences volontaires » et « tentative d’escroquerie au jugement » contre cinq policiers, a confirmé le parquet de Versailles.

La mère de l’adolescent condamnée pour la diffusion de la vidéo

« Cette vidéo nécessite de creuser les modalités de l’intervention sous l’angle des techniques utilisées, la pertinence et la proportionnalité par rapport à l’objectif de cette patrouille de police », estime le parquet, qui a saisi l’IGPN pour recherche des causes de blessure, le garçon ayant « saigné du nez ». D’après le Canard, la mère avait déjà « obtenu un rendez-vous chez l’IGPN le 18 novembre ». Ce que le parquet de Versailles n’a pas pu confirmer dans l’immédiat.

Le 17 novembre, la mère a été placée en garde à vue dans le cadre d’une enquête sur la circulation d’images sur Internet, où « les policiers étaient particulièrement identifiables », indique le parquet. Elle a été condamnée « pour violences volontaires sans ITT » à 200 euros d’amende et 2.800 euros de dédommagement – l’infraction de violences peut être retenue, même sans contact physique, si la justice estime qu’il y a eu un choc émotif. Le fils, lui, doit être jugé devant un tribunal des enfants.

La procureure accusée de couvrir les policiers

L’avocat de la famille, Yassine Bouzrou, qui accuse la procureure de Versailles, Maryvonne Caillibotte, de couvrir des policiers, a indiqué avoir demandé le dépaysement de l’enquête. Il a par ailleurs dit au Canard avoir adressé un signalement à la chancellerie à son sujet. Contacté, le ministère de la Justice a répondu n’avoir reçu le signalement que ce mercredi par mail et précisé que les documents sont en cours d’analyse par ses services

De son côté, Maryvonne Caillibotte n’a pas souhaité faire de commentaire sur les éléments la concernant, éléments dont elle n’a pas connaissance.