Toulouse : Le suspect du meurtre de Martine Escadeillas reste en prison en attendant son procès

COLD CASE Arrêté trente-deux ans après les faits, Joël Bourgeon, un père de famille sans histoire, reste derrière les barreaux dans l'attente de son procès pour le meurtre de Martine Escadeillas

20 Minutes avec AFP
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Martine Escadeillas a disparu le 8 décembre 1986 à Ramonville, près de Toulouse.
Martine Escadeillas a disparu le 8 décembre 1986 à Ramonville, près de Toulouse. — AFP
  • Martine Escadeillas, une secrétaire de 24 ans, s’est volatilisée près de Toulouse en décembre 1986.
  • Joël Bourgeon, le principal suspect, a été interpellé trente-deux ans après.
  • Après trois ans de détention préventive, sa demande de remise en liberté vient d’être refusée.

Joël Bourgeon va préparer son procès meurtre depuis sa cellule. La chambre de l’instruction de la Cour d’appel de  Toulouse a écarté, ce mardi, la demande de remise en liberté du principal suspect dans l’enquête sur la disparition de Martine Escadeillas, qui était devenu un « cold case » au fil des décennies. La secrétaire de 24 ans s’est volatilisée le 8 décembre 1986 de son domicile de Ramonville, près de Toulouse. Des traces de son sang ont été relevées dans les escaliers et la cave de son immeuble mais son corps n’a jamais été retrouvé.

Le rebondissement​ a eu lieu en 2019, trente-deux ans après la disparition, quand les gendarmes ont arrêté en Isère Joël Bourgeon, ami de la victime à l’époque, interrogé mais pas inquiété. Ce dernier, qui menait une existence tranquille de père de famille, a d’abord confessé le meurtre, commis, a-t-il indiqué après qu’il a été éconduit par la jeune femme. Mais il s’est rétracté une semaine plus tard et n’a pas dévié de sa ligne de défense depuis.

Pas de corps, ni d’ADN

La semaine dernière lors de l’audience sur la demande de remise en liberté, le parquet général avait pointé un risque de fuite du suspect. Il a été suivi par la cour. Au grand dam d’Eric Mouton, le défenseur de Joël Bourgeon : « Trente-cinq ans après la disparition de Martine Escadeillas, après trois ans d’instruction où il ne s’est globalement rien passé de concret et alors que le procès n’est toujours pas programmé, ça devient franchement incompréhensible », a-t-il réagi ce mardi matin. « Je rappelle que nous n’avons pas de corps, pas de mobile, pas d’ADN, et le seul témoin disculpe Joël [dans sa description du suspect quittant l’immeuble]. Cet homme jamais condamné est un père de famille qui, de surcroît, a toujours travaillé », a ajouté l’avocat.

Le procès de Joël Bourgeon, en prison depuis trois ans, doit avoir lieu d’ici à la fin de l’année.