Soupçons de viols sur mineurs : La fille de Jean-Luc Lahaye mise en examen pour subornation de témoin

ENQUETE Soupçonnée d’avoir fait pression sur l’une des deux jeunes filles qui ont déposé plainte contre son père, Margaux Lahaye était convoquée ce lundi par la juge d’instruction

Thibaut Chevillard
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Le chanteur Jean-Luc Lahaye
Le chanteur Jean-Luc Lahaye — SADAKA EDMOND/SIPA
  • Le chanteur Jean-Luc Lahaye a été mis en examen pour « viols et agressions sexuelles sur mineurs de plus de 15 ans », « corruption de mineurs » et « abus de faiblesse ».
  • La star des années 1980 est soupçonnée d’avoir eu des relations sexuelles avec deux adolescentes alors âgées de 16 et 17 ans, entre 2013 et 2018. Les deux jeunes femmes, devenues majeures, ont déposé plainte en début d’année.
  • La fille de l’artiste, Margaux Lahaye, a été convoquée ce lundi par la juge d’instruction chargée de l’affaire et a été dans la foulée mise en examen pour subornation de témoin et placée sous contrôle judiciaire.

Jean-Luc Lahaye est en détention provisoire depuis trois mois. Le chanteur a été  mis en examen en novembre dernier pour « viols et agressions sexuelles sur mineurs de plus de 15 ans » et pour « corruption de mineurs » après les  dénonciations des deux jeunes filles aujourd’hui âgées de 23 et 25 ans. Soupçonnée d’avoir abusé d’elles alors qu’elles étaient adolescentes, entre 2013 et 2018, la star des années 1980, âgée de 69 ans, a également été mise en examen pour « abus de faiblesse ». L’interprète de Papa chanteur, qui conteste les faits, a en revanche été placé sous le statut plus favorable de témoin assisté pour « détention d’image à caractère pédopornographique ».

Sa fille aînée, Margaux, avait également été entendue par les enquêteurs en novembre dernier pour « subornation de témoins et complicité de viols sur mineur de plus de 15 ans ». Mais la garde à vue de cette jeune femme de 37 ans avait été levée en raison de son état de santé. Les policiers se demandent si cette femme paraplégique n’aurait pas fait pression sur l’une des deux plaignantes afin qu’elle disculpe son père lors d’une précédente enquête judiciaire. Elle a finalement été convoquée ce lundi par la juge d’instruction pour s’expliquer. A l’issue de son audition, elle a été mise en examen pour subornation de témoin et placée sous contrôle judiciaire, indique une source judiciaire 20 Minutes.

Accusée d’avoir fait pression sur une plaignante

L’artiste, qui n’a jamais caché que son penchant pour « les jeunes femmes » était sa « faiblesse », avait déjà été condamné en 2015 à  un an de prison pour corruption de mineure. Il avait été reconnu coupable d’avoir demandé à une adolescente de 14 ans de s’adonner à des jeux sexuels par webcam interposée. Il avait commencé à discuter sur Facebook avec cette jeune fille, et lui avait réclamé à plusieurs reprises des photos nues. Elle avait refusé dans un premier temps, avant de se plier à ses exigences. Malgré cette condamnation, la jeune fille avait pris la défense de l’artiste, y compris dans la presse people.

A l’époque, elle et une autre jeune admiratrice du chanteur avaient aussi des rapports sexuels  avec ce dernier. Selon Le Parisien, elle accuse Margaux Lahaye de s’être montrée menaçante pour qu’elles dédouanent l’artiste lors du procès. Devenues majeures, elles ont finalement décidé début 2021 de déposer plainte contre lui, estimant avec le recul avoir subi des violences sexuelles. Le parquet de Paris avait alors ouvert une enquête préliminaire, confiée à l’Office central pour la répression des violences aux personnes.

Les deux mères convoquées par la juge

Les enquêteurs ont également entendu, en novembre dernier, les mères des deux plaignantes. Les policiers les soupçonnent d’avoir eu connaissance des relations sexuelles qu’entretenaient leurs filles mineures avec Jean-Luc Lahaye, et de ne pas s’y être opposé. Selon nos informations, les deux femmes sont elles aussi convoquées cette semaine par la juge d’instruction.

Contactés ce lundi par 20 Minutes, ni l’avocat de Margaux Lahaye, Me David Koubbi, ni celui des deux plaignantes, Me Nathalie Bucquet, n’ont souhaité s’exprimer sur l’affaire.