Nice : Le policier auteur d’un tir mortel pendant une interpellation mis en examen pour « homicide involontaire »

ENQUETE Il a été placé « sous contrôle judiciaire strict » conformément aux réquisitions du parquet

Fabien Binacchi
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Un important dispositif a été déployé devant le 7 rue de la Buffa
Un important dispositif a été déployé devant le 7 rue de la Buffa — E. Martin / ANP / 20 Minutes
  • Un homme de 22 ans a été tué mercredi, à Nice, par le tir d’un policier qui était venu pour l’interpeller.
  • Une information judiciaire est ouverte « du chef d’homicide involontaire par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence » et le fonctionnaire a été mis en examen.

La thèse d’un tir « accidentel » qui a coûté la vie d’un homme de 22 ans, mercredi  lors d’une opération de police à Nice, ne peut pas être « contredite » par « les investigations menées […] à ce jour », explique ce vendredi le procureur de la République. En conséquence, le policier auteur du coup de feu, qui avait été placé en garde à vue pour « homicide volontaire », a été finalement mis examen pour « homicide involontaire par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence », annonce aussi Xavier Bonhomme.

Une information judiciaire est ouverte du même chef. Le fonctionnaire a été laissé libre et placé « sous contrôle judiciaire strict », conformément aux réquisitions du parquet.

« Les investigations menées notamment les exploitations vidéo de la scène des faits, les auditions de témoins, le recueil de données techniques sur l’arme utilisée, ne permettent pas à ce jour de contredire la thèse accidentelle avancée par le mis en cause », détaille ainsi le magistrat.

Un « accident » qui serait « lié aux circonstances de l’interpellation »

Les faits sont survenus à l’occasion d’une opération de police visant à arrêter plusieurs personnes en lien avec l’homicide de d’Ermelindo Goncalves Fontes, un jeune homme de 24 ans abattu la nuit de Noël dans un quartier du nord de Nice. « Un tir accidentel lié aux circonstances de l’interpellation » selon ce qu’a affirmé le policier mis en cause devant les enquêteurs, a alors atteint la tête de l’un des individus.

Une autopsie réalisée jeudi vient confirmer que sa mort était « consécutive à un tir d’une arme à feu l’ayant atteint au niveau de l’arrière du lobe inférieur de l’oreille droite », note le parquet de Nice. « L’information judiciaire devra s’attacher à poursuivre notamment au travers d’examens techniques non réalisés dans le cadre de l’enquête de flagrance, les investigations pour déterminer précisément les circonstances de ce décès », conclut le procureur.