Morbihan : Condamnée pour la diffusion d’une vidéo clandestine, L214 se pourvoit en cassation

CONTRE-ATTAQUE Fin novembre, la Cour d’appel de Rennes avait ordonné le retrait d’images tournées par l’association dans un élevage de lapins

Jérôme Gicquel
— 
Illustration de militants de L214.
Illustration de militants de L214. — Lewis Joly/AP/SIPA

Le coup est rude pour L214. Pour la première fois, la justice a condamné fin novembre l’association pour une intrusion dans un élevage de lapins  dans le Morbihan. Dans un arrêté rendu le 30 novembre, la cour d’appel de Rennes a en effet considéré que l’association s’était rendue coupable d’une violation de propriété et de domicile en tournant illégalement des images dans l’exploitation à la fin du mois d’août 2020. Cela avait fait l’objet d’une vidéo diffusée un mois plus tard dans laquelle L214 dénonçait  les conditions de vie des lapins élevés en cages.

La justice avait d’abord débouté le propriétaire avant de finalement lui donner raison, considérant qu’il avait subi « un trouble manifestement illicite ». La cour d’appel de Rennes avait également estimé que l’association de protection animale ne pouvait se prévaloir de la liberté de la presse et avait condamné L214 à retirer toutes les photos et vidéos tournées dans l’élevage en question et à verser 5.000 euros au propriétaire.

Une décision « particulièrement inquiétante » pour L214

Dans un communiqué publié ce jeudi, l’association indique qu’elle a appliqué la décision de justice mais qu’elle la conteste, la jugeant « particulièrement inquiétante ». « Si ce jugement faisait jurisprudence, toutes les images d’élevages et d’abattoirs passées et à venir seraient interdites, contraintes d’être retirées ou impossibles à diffuser », s’alarme Brigitte Gothière, cofondatrice de L214.

Après ce revers juridique, l’association annonce ainsi qu’elle va se pourvoir en cassation. « L214 continuera de diffuser des images et de protéger les lanceurs d’alerte pour que le débat sur la place accordée aux animaux dans notre société se poursuive », conclut le communiqué.