Tuerie de Chevaline : L'avocat d'un homme interrogé neuf ans après les faits dénonce une garde à vue « non justifiée »

MYSTERE La procureure avait indiqué que cette garde à vue visait « à procéder à des vérifications d’emploi du temps » et à « des perquisitions » chez cet homme

20 Minutes avec AFP
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Chevaline, en Haute-Savoie.
Chevaline, en Haute-Savoie. — JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

L’homme interrogé depuis mercredi matin dans l’enquête sur le quadruple meurtre de 2012 à Chevaline, en  Haute-Savoie, est un témoin mis hors de cause en 2015 dont la garde à vue n’est « pas justifiée », a dénoncé son avocat.

« Il a le sentiment, peut-être à tort (…) mais c’est un sentiment que je partage, d’être en garde à vue gratuitement », a dénoncé face à des journalistes Jean-Christophe Basson-Larbi devant la gendarmerie de Chambéry ce mercredi soir. Pour l’avocat, la garde à vue « fait peser sur la tête de cet homme le poids d’une réclusion criminelle à perpétuité alors même que c’est pour vérifier un emploi du temps ».

« Il n’a pas croisé la route de cette pauvre famille »

Mercredi matin, la procureure d’Annecy Line Bonnet avait indiqué que cette garde à vue dans l’affaire dite de « la tuerie de Chevaline » visait « à procéder à des vérifications d’emploi du temps » et à « des perquisitions » chez cet homme. Me Basson-Larbi a précisé que son client, « qui a toujours eu à cœur de participer à la manifestation de la vérité », avait « déjà eu connaissance de cette affaire » par le passé mais qu’il avait été mis « hors de cause en 2015 ». L’avocat n’a toutefois pas souhaité révéler l’identité de son client.

« Aujourd’hui, la position de ce monsieur est toujours la même : je me promenais (…) Il a croisé la route d’automobilistes peut-être mais il n’a pas croisé la route de cette pauvre famille », a-t-il ajouté. « Mon intime conviction ce soir, dans ce qu’il m’a donné à voir, ce que j’ai vu de lui, ce que j’ai perçu de lui, c’est que cet homme n’a, à aucun moment, le profil d’une personne qui pourrait avoir commis de sang-froid, avec préméditation, un tel assassinat », a encore assuré Me Basson-Larbi.

Une énigme judiciaire

Le 5 septembre 2012, un Britannique d’origine irakienne de 50 ans, Saad al-Hilli, son épouse de 47 ans et sa belle-mère de 74 ans avaient été retrouvés morts, avec plusieurs balles dans la tête, dans leur voiture sur une route de campagne près de Chevaline, non loin du lac d’Annecy.

L’une des fillettes du couple al-Hilli avait été grièvement blessée tandis que la seconde, recroquevillée sous les jambes de sa mère, s’en était miraculeusement sortie indemne. Un cycliste de la région, Sylvain Mollier, 45 ans, probable victime collatérale, avait également été abattu.

Cette affaire compte parmi les grandes énigmes judiciaires qui ont tenu la France en haleine ces cinquante dernières années. Elle a déjà donné lieu à des milliers d’heures d’enquête et d’auditions, des tonnes de documents épluchés et quatre interpellations, sans avoir pu être élucidée à ce jour.