Tuerie de Chevaline : Une personne placée en garde à vue

ENQUETE La garde à vue a pour objectif de « procéder à des vérifications d’emploi du temps »

X.R. avec AFP
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La commune de Chevaline en 2012 (archives)
La commune de Chevaline en 2012 (archives) — FAYOLLE PASCAL/SIPA

Une personne a été placée en garde à vue par la section de recherche de Chambéry ce mercredi matin à 8 h 05 dans l’affaire de la  tuerie de Chevaline, annonce la procureure d’Annecy, Line Bonnet. Cette garde à vue a pour objectif de « procéder à des vérifications d’emploi du temps ». « Des perquisitions sont en cours au domicile » de cette personne, a-t-elle ensuite précisé. De nouvelles informations seront rendues publiques à l’issue de la garde à vue, a-t-elle ajouté, soulignant toutefois que celle-ci « peut ne rien donner ». « Nous sommes extrêmement prudents sur les éléments d’identification », a-t-elle tempéré, rappelant que « la procédure est couverte par le secret de l’instruction ».

Le 5 septembre 2012, un Britannique d’origine irakienne de 50 ans, Saad al-Hilli, sa femme et sa belle-mère avaient été retrouvés morts, avec plusieurs balles dans la tête, dans leur voiture sur une route de campagne près de Chevaline, non loin du lac d’Annecy. Une fillette du couple était grièvement blessée, tandis que sa petite sœur était retrouvée indemne, recroquevillée sous les jambes de sa mère. Un cycliste de la région, probable victime collatérale, avait également été abattu. C’est un cycliste britannique, Brett Martin, qui avait découvert la scène de crime en premier, croyant d’abord à un accident de la route.

Piste familiale, espionnage et motard mystérieux

Le frère aîné de Saad al-Hilli, qui était en conflit avec lui concernant l’héritage paternel, avait été placé en garde à vue le 24 juin 2013 au Royaume-Uni, puis sous contrôle judiciaire jusqu’en janvier 2014. Au sein de la famille al-Hilli, certains penchent plutôt pour un meurtre lié à l’espionnage industriel. Saad était ingénieur spécialisé dans les satellites.

La piste d’un motard aperçu près des lieux du crime avait été écartée plus de deux ans après le drame lorsqu’il avait pu être établi qu’il s’agissait d’un chef d’entreprise adepte de parapente, aperçu par hasard près du lieu du crime. Croisé par des agents de l’Office national des forêts (ONF), cet homme, portant le bouc et un casque noir, avait longtemps fait office de principal suspect.

L’affaire Chevaline a déjà donné lieu à des milliers d’heures d’enquête et d’auditions, des tonnes de documents épluchés et quatre interpellations, sans pour autant livrer son mystère. Le dossier compte parmi les grandes énigmes judiciaires qui ont tenu la France en haleine ces cinquante dernières années, comme l’affaire du petit Gregory. Coïncidence du calendrier, le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, a annoncé mercredi le lancement le 1er mars à Nanterre d’un  pôle judiciaire dédié « aux crimes en série et non élucidés ».