Belfort : General Electric attaqué par ses salariés pour ses pratiques d'optimisation fiscale

PACTOLE Les plaignants estiment à environ un milliard d'euros le montant des profits localisés dans les paradis fiscaux

T.G. avec AFP
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Le siège de General Electric à Belfort.
Le siège de General Electric à Belfort. — JC Tardivon/SIPA
  • Le syndicat Sud Industrie et le Comité social et économique (CSE) de l’entité turbines à gaz de General Electric, à Belfort, viennent d’assigner en justice le géant américain.
  • La plainte a été déposée le 30 décembre devant le tribunal judiciaire de pour « fraude au droit à la participation des salariés », selon l’avocat des plaignants, Me Roland Zerah.
  • Les salariés reprochent à (GE) d’avoir minoré le résultat fiscal de l’entité turbines à gaz de (GE EPF) par le biais de transfert de richesses vers des filiales en Suisse ou vers l’Etat américain du Delaware.

Dialogue tendu entre General Electric et ses salariés à  Belfort. Alors que des salariés  sont menacés de perdre leurs postes dans la branche nucléaire, d’autres attaquent devant la justice le géant américain.

Le syndicat Sud Industrie et le Comité social et économique (CSE) de l’entité turbines à gaz l’ont assigné en justice pour ses pratiques d’optimisation fiscale. La plainte a été déposée le 30 décembre devant le tribunal judiciaire de Belfort pour « fraude au droit à la participation des salariés », selon l’avocat des plaignants, Me Roland Zerah.

Les salariés reprochent à General Electric (GE) d’avoir minoré le résultat fiscal de l’entité turbines à gaz de  Belfort (GE EPF) par le biais de transfert de richesses vers des filiales en Suisse ou vers l’Etat américain du Delaware, où la fiscalité est plus avantageuse. Ils réclament ainsi un rattrapage de participation sur la période 2015-2020.

« Nous partons du principe que la participation permet aux salariés de bénéficier des fruits de l’expansion de l’entreprise, note Me Zerah. Le fruit de l’activité économique de Belfort est dispatché vers d’autres filiales. »

Selon Philippe Petitcolin, secrétaire du CSE et membre de la CFE-CGC, les salariés touchaient avant 2015 (et le rachat d’Alstom par GE) une participation annuelle correspondant à environ deux mois de salaire. Depuis ils ne touchent plus rien. « Ce que fabrique Belfort ne bénéficie pas » aux salariés de l’entreprise, dénonce encore Me Zerah.

« Les transactions inter-sociétés de GE sont conformes »

Le CSE estime à environ un milliard d’euros le montant des profits localisés dans les paradis fiscaux au détriment de GE EPF ces dernières années. General Electric répond de son côté que « les transactions inter-sociétés de GE sont conformes à toutes les règles et réglementations internationales et nationales en vigueur ». « Elles sont bien documentées et régulièrement auditées par divers organismes, y compris les commissaires aux comptes et les autorités fiscales, en France et dans le monde entier », ajoute l’entreprise.

D’ici trois mois, General Electric va présenter ses réponses à l’assignation, détaille Me Zerah. Les plaignants pourront également y répondre. L’avocat envisage la tenue d’un procès dans cette affaire « d’ici 12 à 18 mois ».