Meurtre de Vanesa Campos : Le procès de « l’expédition punitive » dans le Bois de Boulogne s’ouvre ce mardi à Paris

ENQUETE Vanesa Campos avait été tuée d’une balle dans le thorax, dans la nuit du 16 au 17 août 2018, dans un coin reculé et sombre du bois de Boulogne

20 Minutes avec AFP
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Vanesa Campos, une travailleuse du sexe de 36 ans, a été tuée dans la nuit du 16 au 17 août 2018 au Bois de Boulogne.
Vanesa Campos, une travailleuse du sexe de 36 ans, a été tuée dans la nuit du 16 au 17 août 2018 au Bois de Boulogne. — Lionel BONAVENTURE / AFP

Le procès du meurtre en août 2018 de Vanesa Campos, travailleuse du sexe trans d’origine péruvienne tuée lors d’une « expédition punitive » dans  le bois de Boulogne, s’est ouvert devant la cour d’assises de Paris, ce mardi.

Les trois principaux accusés sont renvoyés pour « meurtre en bande organisée », un crime qu’ils « contestent formellement » selon leurs défenseurs.  Trois autres accusés ont pris place à leurs côtés dans le box et trois comparaissent libres.

Un « climat de terreur »

Vanesa Campos avait été tuée d’une balle dans le thorax, dans la nuit du 16 au 17 août 2018, près de son lieu de travail, dans un coin reculé et sombre du bois de Boulogne, un crime qui avait mis en lumière les agressions récurrentes subies par les prostituées en bordure de Paris. L’enquête s’était rapidement concentrée sur un groupe de jeunes hommes d’origine égyptienne, qui profitaient des passes pour détrousser et violenter les travailleuses du sexe et leur clientèle.

Pour se protéger de leurs agissements et du « climat de terreur » que cette bande de voleurs avait instauré, des prostituées, dont Vanesa Campos, avaient engagé un mois avant le meurtre un protecteur, « Takaré ». Le soir des faits, une dizaine de jeunes hommes s’étaient retrouvés au bois de Boulogne, pour y mener selon l’accusation une « expédition punitive ». Ils s’étaient armés de bombes lacrymogènes, d’un couteau, d’un taser, voire de branches arrachées aux arbres et détenaient aussi une arme à feu dérobée une semaine plus tôt dans la voiture d’un policier alors que ce dernier se trouvait avec une prostituée.

La mère et la sœur de Vanesa Campos parties civiles

Plusieurs coups de feu avaient retenti et un projectile avait atteint mortellement Vanesa Campos. Mahmoud Kadri, 24 ans, est considéré par l’accusation comme l’auteur du tir mortel sur Vanesa Campos. Karim Ibrahim, 29 ans, et Aymen Dib, 25 ans, sont eux accusés d’avoir porté respectivement des coups de matraque et de couteau. Cinq autres hommes âgés de 23 à 27 ans sont jugés pour leur participation à l’expédition punitive. Un neuvième accusé, 34 ans, comparaît lui pour le vol de l’arme du policier, partie civile au procès.

La mère et la sœur de Vanesa Campos, résidentes au Pérou, se sont constituées parties civiles, tout comme six anciennes collègues et amies de la victime, et leur protecteur « Takaré ». Egalement partie civile, l’association de défense des personnes trans Acceptess-T avait incriminé la loi de 2016 pénalisant les clients des prostituées, obligeant celles-ci à exercer à l’écart de la police et à s’exposer davantage aux agressions. L’association abolitionniste Le Mouvement du Nid est aussi partie civile. Le procès doit durer jusqu’au 28 janvier.