Affaire Estelle Mouzin : Son père réclame un pôle de juges spécialisés dans les « cold cases »

ENQUETE Estelle Mouzin a disparu à l’âge de 9 ans, le soir du 9 janvier 2003, alors qu’elle rentrait de l’école

20 Minutes avec AFP
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Eric Mouzin, le père d'Estelle, le 8 janvier 2022.
Eric Mouzin, le père d'Estelle, le 8 janvier 2022. — AFP

Voilà dix-neuf ans qu’il est sans nouvelle de sa fille. Eric Mouzin, le père d’Estelle Mouzin, a martelé samedi son souhait de voir la création d’un pôle de juge spécialisés dans les «  cold cases » («affaires gelées »). Il s’exprimait à l’issue de la traditionnelle marche silencieuse en hommage à sa fille, à une trentaine de kilomètres de Paris.

« Un nouveau juge est amené à intervenir sur un dossier qu’il ne connaît pas, nous trouvons cette situation inquiétante », a déclaré Eric Mouzin devant une quarantaine de personnes rassemblées dans la salle communale de Guermantes, petite commune paisible de Seine-et-Marne. Depuis fin décembre, la juge Sabine Khéris, qui avait obtenu des avancées significatives dans le dossier Estelle Mouzin, a quitté son poste au tribunal judiciaire de Paris.

« Ce pôle n’existe pas même si la loi prévoit sa création »

Ce samedi après-midi, une cinquantaine de personnes ont bravé la pluie pour rendre hommage à Estelle Mouzin, disparue à l’âge de 9 ans, le soir du 9 janvier 2003, alors qu’elle rentrait de l’école. « Il m’a semblé qu’on était à un tournant possible de ce dossier », a ajouté Eric Mouzin, évoquant le récent envoi d’un courrier au garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti. Dans ce courrier, que l’AFP a pu consulter, il redoute « un nouveau gâchis » et réitère son souhait de voir la création d’un pôle de juges spécialisés dans les « cold cases », soit les crimes non élucidés.

« La création de ce pôle aurait dû être anticipée depuis très longtemps. Aujourd’hui, ce pôle n’existe pas même si la loi prévoit sa création », a-t-il défendu. Pendant de longues années, l’enquête est allée d’impasses en culs-de-sac, malgré la détermination du père à retrouver la trace de sa fille.

Le rôle de Fourniret

Succédant dans cette affaire à sept autres magistrats, la juge Kheris avait réussi en mars 2020 à faire reconnaître au tueur en série Michel Fourniret son rôle dans la mort de l’enfant. Condamné à la perpétuité incompressible pour les meurtres de sept jeunes femmes ou adolescentes entre 1987 et 2001, Michel Fourniret est mort à 79 ans à Paris le 10 mai 2021.

« Nous savons que Madame Khéris souhaite rejoindre ce pôle », a déclaré Didier Seban, l’un des avocats de la famille. « Pour nous, ce serait la meilleure situation ». « On n’est pas dans un dossier normal, il faut se donner les moyens et assurer la continuité du travail déjà effectué », a soutenu Me Seban. Cette marche était la première depuis la mort de Michel Fourniret survenue il y a près de huit mois.