Attentat de la rue des Rosiers : Le seul suspect détenu par la justice française demande à être libéré

DETENTION « Aucun élément matériel n’est venu étayer les accusations » pesant sur Abou Zayed, estime son avocat

20 Minutes avec AFP
— 
En 1982, un attentat a causé la mort de six personnes rue des Rosiers, à Paris (image d'illustration)
En 1982, un attentat a causé la mort de six personnes rue des Rosiers, à Paris (image d'illustration) — JEANNE ACCORSINI / SIPA P/SIPA

Abou Zayed, le seul suspect aux mains de la justice française de l’attentat meurtrier de la rue des Rosiers en 1982  à Paris, a formé un pourvoi en cassation pour obtenir sa remise en liberté, a appris l’AFP vendredi de l’un de ses avocats, Me Romain Ruiz.

« Aucun élément matériel n’est venu étayer les accusations pesant sur notre client » sur ces faits vieux de 39 ans, « qui reste donc uniquement mis en cause par trois témoignages particulièrement contestables », formulés par des personnes auxquelles il n’a « jamais été confronté », dénonce celui qui défend Abou Zayed avec Me Bruno Gendrin. « Rien ne garantit aujourd’hui la tenue d’une confrontation » avec ces témoins « qui ont déjà fait la preuve, à plusieurs reprises, des limites de leur sincérité », critique-t-il.

Il conteste sa présence en France au moment des faits

Extradé le 4 décembre 2020 par la Norvège, Walid Abdulrahman Abou Zayed, un Palestinien naturalisé Norvégien de 63 ans,  avait été mis en examen le lendemain pour « assassinats » et « tentatives d’assassinats ».

Incarcéré depuis, la justice le soupçonne d’être l’un des tireurs de cet attentat qui avait fait six morts et vingt-deux blessés le 9 août 1982 par une grenade dans le restaurant Jo Goldenberg puis par une fusillade dans le quartier juif historique du Marais à Paris. Abou Zayed conteste jusqu’à sa présence en France au moment des faits.

Une détention en règle ?

Le 23 décembre, la cour d’appel de Paris a confirmé une ordonnance prolongeant sa détention provisoire et objet du pourvoi. Ses avocats estiment le Parquet national antiterroriste tout comme le juge d’instruction incompétents, en faisant valoir que les infractions initialement reprochées à Abou Zayed, via le Code pénal en vigueur en 1982, ne seraient pas terroristes.

Dans son arrêt dont l’AFP a eu connaissance, la cour d’appel estime la procédure régulière depuis une première validation en avril, mais aussi que le Code pénal alors en vigueur visait bien « des faits pouvant être assimilés à des faits de nature terroriste ».

Trois autres mandats d’arrêt émis

Les avocats arguent en outre que la détention provisoire d’Abou Zayed n’est « pas nécessaire ». La cour d’appel rétorque qu'« aucun élément n’est venu sérieusement remettre en cause les indices non seulement graves mais également concordants » visant Abou Zayed, mais aussi que du matériel numérique, source potentielle de « nouvelles investigations », est en cours d’exploitation.

La justice française a émis trois autres mandats d’arrêt internationaux visant deux suspects localisés en Jordanie, dont le cerveau présumé de l’attentat, et un troisième en Cisjordanie. La Jordanie a refusé à plusieurs reprises leur extradition.