Rennes : Un militant anti-Linky condamné à six mois de prison avec sursis

PROCES Cet informaticien de 58 ans est accusé d’avoir démonté 92 concentrateurs en 2020 en Bretagne

J.G. avec AFP
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Illustration d'un compteur Linky.
Illustration d'un compteur Linky. — G. Durand / 20 Minutes

EDIT: Le tribunal correctionnel de Rennes a condamné ce lundi le militant à six mois de prison avec sursis. Ce dernier a annoncé qu'il allait faire appel. 

La justice lui reproche d’avoir démonté 92 concentrateurs Linky au cours de l’année 2020 dans toute la Bretagne. Le parquet de Rennes a requis ce vendredi six mois de prison avec sursis contre un informaticien de 58 ans qui avait revendiqué ces actes au nom de « la préservation de la santé ». Vêtu lors de l’audience d’une combinaison bleu claire avec capuche censée le protéger des ondes électromagnétiques, le prévenu a expliqué avoir agi ainsi en état de « légitime défense ».

En démontant les concentrateurs, il ne provoquait pas de coupure d’électricité et n’empêchait pas les compteurs de fonctionner mais coupait seulement la transmission des informations et l’émission d'ondes électromagnétiques, a-t-il expliqué. « C’est pas quelque chose qu’on fait de gaîté de cœur. Si j’en suis arrivé à cette extrémité, c’est pour une raison de survie », a affirmé à la barre le prévenu qui se dit « impacté par les ondes » et vit avec une pension d’invalidité.

Enedis lui réclame 47.165 euros de préjudice financier

Le prévenu a notamment démonté des concentrateurs proches de lieux où habitaient d’autres personnes intolérantes aux ondes électromagnétiques. « Malgré l’intolérance aux ondes, vous avez un téléphone portable ? », l’a interrogé le président. « Ce n’est pas les mêmes ondes que le compteur Linky », a répondu le prévenu, en assurant garder son téléphone en mode avion, ce qu’a contesté le vice-procureur qui a souligné que les enquêteurs avaient pu le suivre grâce au bornage de son téléphone lors des opérations de démontage.

Enedis lui a par ailleurs réclamé 47.165 euros de préjudice financier. Le tribunal correctionnel a mis son jugement en délibéré au lundi 10 janvier à 14 heures.