Paris : Un CRS mis en examen pour avoir frappé des Gilets Jaunes, dans un Burger King

VIOLENCE Trois ans après avoir frappé des « gilets jaunes » dans un Burger King lors d’une manifestation à Paris, un capitaine de CRS a été mis en examen. Son audition dévoile les dessous de cette affaire au retentissement national

20 Minutes avec AFP
— 
Un policier suit les " Gilets Jaunes ", lors d'une manifestation anniversaire, pour les trois ans du mouvement.
Un policier suit les " Gilets Jaunes ", lors d'une manifestation anniversaire, pour les trois ans du mouvement. — KONRAD K./SIPA

Un samedi après-midi qui dégénère dans un Burger King. Ce n’est pas une rixe entre bandes dont il s’agit mais du 1er décembre 2018, jour où près de 150.000 « gilets jaunes » défilent à  Paris. Lacrymos et tirs de LBD résonnent dans la capitale. Suivis par des CRS, plusieurs manifestants pénètrent un Burger King. À l’intérieur, la violence de la scène a marqué. En boule, au sol, les manifestants tentent de se défaire des matraques des policiers. Les coups sont lourds. Ils conduiront les brigadiers au tribunal. Le 17 septembre 2021, Jérôme P., capitaine de CRS, est mis en examen pour « violence volontaire par personne dépositaire de l’autorité publique » et placé sous contrôle judiciaire.

Les CRS craignaient un pillage, mais l’enquête de l’inspection générale de la police nationale, a exclu tout vol. En réalité, les manifestants s’étaient réfugiés à l’intérieur de l’établissement pour éviter le gaz lacrymogène sur l’avenue Wagram. Jérôme P, capitaine de CRS, reconnaît : « A froid, on n’aurait jamais dû agir comme ça », lâche-t-il. Au-delà de son état d’épuisement après des heures de manifestations intenses, le capitaine met en cause la salle de commandement. Il pointe du doigt la mauvaise gestion stratégique de l’ordre public : « On aurait dû à un moment donné refuser les ordres. »

« La mise en examen n’est pas une preuve de culpabilité », argue l’avocat des policiers

Ce samedi de décembre 2018 est une journée particulière dans le mouvement « gilet jaune ». L’Arc de Triomphe est saccagé, des véhicules sont détruits, brûlés. Ailleurs, en France, un péage et une préfecture sont incendiés. Au total, dans la capitale, on compte 270 interpellations et plus de 200 blessés.

Pour l’heure, huit policiers ont été mis en examen mais leur avocat, Laurent-Franck Liénard, les défend : « La mise en examen n’est pas une preuve de culpabilité, c’est le début d’une procédure qui suit son cours. »