Marseille : Une jeune femme porte plainte contre un marin-pompier pour harcèlement sexuel

INFO « 20 MINUTES » L’enquête interne, close, « n’a pas mis en avant de cas de harcèlement sexuel », explique la communication des marins-pompiers après la plainte déposée par la jeune femme

Alexandre Vella
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Marins-pompiers de Marseille (Illustration)
Marins-pompiers de Marseille (Illustration) — C.Delabroy/20 Minutes
  • Une jeune femme, en service civique chez les marins-pompiers, a déposé une plainte pour harcèlement sexuel contre l’un d’eux.
  • L’administration des sapeurs-pompiers prend « très au sérieux ce genre d’affaire » et a mené une enquête interne. Celle-ci « n’a pas mis en avant de harcèlement sexuel ».
  • En juin et novembre dernier, huit marins-pompiers ont été condamnés dans deux affaires distinctes pour des faits de harcèlement moral remontant à 2015 et 2016.

Tu « serais mieux à quatre pattes que debout » ; « je te ferais bien du bouche-à-bouche »… Kenza, 20 ans, affirme à 20 Minutes avoir été victime de  harcèlement sexuel exercé par un marin-pompier de  Marseille. Des faits pour lesquels la jeune femme a déposé une plainte au commissariat de Noailles le 30 novembre dernier.

Celle-ci vise nommément « un pompier de la caserne de la Bigue [2e arrondissement]. Il avait un comportement totalement déplacé, me touchant » allant jusqu’à saisir « ma main et la diriger en direction de son fessier », soutient, entre autres, Kenza dans son dépôt de plainte que 20 Minutes a pu consulter.

Etudiante en droit pour une deuxième première année, celle-ci est entrée en service civique en novembre dernier pour huit mois chez les marins-pompiers afin d’occuper son second semestre, déjà validé l’an passé. « Je devais passer mon brevet de secouriste, m’occuper du nettoyage et de l’inventaire des camions parmi d’autres choses. » Depuis le signalement de ces faits, la jeune femme ne se rend plus à son service civique. « On m’avait changée de caserne mais j’ai peur que cela se reproduise avec un autre marin-pompier », poursuit-elle.

L’enquête interne ne donne pas de suite

Les marins-pompiers ont, de leur côté, diligenté une enquête interne dans laquelle toutes les parties, les acteurs et les témoins potentiels ont été entendus par le commandement. « Nous prenons évidemment très au sérieux ce genre d’affaire », explique la communication des marins-pompiers. « De notre côté, la procédure est close, et l’enquête interne n’a pas mis en avant de cas de harcèlement sexuel. Nous tenons ces éléments à disposition de la justice », détaille l’administration militaire.

Contacté, le parquet de Marseille a indiqué avoir une enquête consécutive à cette plainte. « On attend désormais de savoir si une suite sera donnée, mais je sais que c’est potentiellement long au pénal », commente Neila Majhoub l’avocate de la plaignante.

Des condamnations récentes pour harcèlement moral

En novembre dernier, deux marins-pompiers de Marseille ont été condamnés à six mois de prison avec sursis pour harcèlement moral sur une jeune recrue pour des agissements remontant à 2015. En juin, six autres avaient été condamnés à des peines allant  de cinq à neuf mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel pour des faits de harcèlement moral ou de violences volontaires exercés sur des collègues fraîchement arrivés dans le cadre d’un « bizutage ». Des faits là aussi commis entre 2015 et 2016.