Lyon : Huit personnes relaxées après la violente agression d'un policier

TRIBUNAL Deux autres prévenus ont été condamnés à cinq ans de prison dont trente mois avec sursis

20 Minutes avec AFP
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Après la violente agression d'un policier à Lyon, 8 personnes ont été relaxées mardi par le tribunal correctionnel, faute de preuves suffisantes. Deux autres ont été condamnées à 5 ans de prison dont 30 mois avec sursis.
Après la violente agression d'un policier à Lyon, 8 personnes ont été relaxées mardi par le tribunal correctionnel, faute de preuves suffisantes. Deux autres ont été condamnées à 5 ans de prison dont 30 mois avec sursis. — Elisa Frisullo / 20 Minutes
  • Le 14 juin 2020, un policier, en civil, avait été passé à tabac par une dizaine d’individus alors qu’il rentrait chez lui à Lyon.
  • Dix prévenus ont comparu en novembre dernier devant le tribunal correctionnel.
  • Faute de preuves suffisantes, le tribunal a relaxé ce mardi huit d’entre eux. Deux autres ont été condamnés à deux ans et demi de prison ferme.

Le tribunal correctionnel de Lyon a prononcé mardi deux condamnations à la prison ferme et huit relaxes dans l’affaire de la  violente agression subie par un policier devant son domicile dans la nuit du 14 juin 2020, à Lyon.

Parmi les dix prévenus qui ont comparu à l’audience du 5 novembre 2021, deux hommes âgés de 19 et 20 ans ont été condamnés à cinq ans d’emprisonnement, dont trente mois de sursis avec mise à l’épreuve, pour violence aggravée par trois circonstances : en réunion, avec arme et sur dépositaire de l’autorité publique.

Huit des dix prévenus ont en revanche été relaxés faute d’éléments suffisants pour établir leur participation aux faits, a indiqué la présidente du tribunal, Brigitte Vernay.

Une « scène unique de violence »

A l’audience, le parquet avait requis une peine de deux ans et demi de prison ferme contre huit des prévenus, considérant qu’ils avaient participé à une « scène unique de violence », sans qu’il soit pour autant possible de détailler leurs actes. Les prévenus ont effectué de deux mois à un an de détention provisoire durant l’instruction judiciaire.

L’avocat du policier, Laurent Bohé, a fait part de son « amertume » à l’issue du délibéré. « C’était une action de groupe. Ils ont tous contesté, mais au regard du travail approfondi de l’enquête et de l’instruction, il semblait qu’il y avait peu de place au doute », a-t-il encore commenté.

A l’époque en poste au commissariat de Caluire-et-Cuire, commune limitrophe de Lyon, le fonctionnaire avait été frappé à coups de poing et de pied, ainsi qu’avec une barre métallique. Il avait subi 45 jours d’incapacité totale de travail (ITT), souffrant notamment d’une triple fracture à la cheville.

Les faits s’étaient produits vers 4 heures du matin, alors que le policier, hors service et en civil, rentrait d’une soirée avec sa compagne. Au moment où il allait traverser la rue, une voiture l’a frôlé et a fait demi-tour. Le conducteur est descendu en le traitant de « sale flic », selon son récit.

Une quarantaine de coups sur tout le corps

Lors de cette première altercation, le policier a rendu des coups. Quelques minutes après, un groupe d’une dizaine d’individus s’est rué sur lui au moment où il arrivait devant la porte de son immeuble. Sa compagne a eu juste le temps de se mettre à l’abri. Le policier a reçu une quarantaine de coups sur tout le corps, selon lui.

A l’audience, les prévenus, identifiés par la vidéosurveillance et la téléphonie, ont reconnu leur présence sur les lieux, mais ont nié avoir commis les violences et assuré qu’ils ignoraient la qualité de policier de la victime.

Deux mineurs soupçonnés d’avoir provoqué la première altercation et d’avoir rameuté le groupe sont renvoyés devant le tribunal pour enfants. Ils doivent comparaître jeudi.