Paris : Des enseignants d’une école d’art soupçonnés de viol et d’agressions sexuelles

ENQUETE Des enseignants de l’école d’art L’Atelier de Sèvres sont visés par deux enquêtes ouvertes pour des soupçons d’agressions sexuelles et de viol

AFP
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Entrée du commissariat de l'hôtel de police national de la ville d'Alençon (illustration)
Entrée du commissariat de l'hôtel de police national de la ville d'Alençon (illustration) — © SICCOLI PATRICK/SIPA

La célèbre école d’art L’Atelier de Sèvres, située à Paris, au cœur de deux enquêtes. Celles-ci ont été ouvertes en 2019 et 2021 pour des soupçons d’agressions sexuelles et de viol. Elles mettent en cause des enseignants,  selon une information de Médiapart confirmée à l’AFP par l’actuel directeur de l’établissement privé. Dans une déclaration, Yann Fabès reconnaît qu’une enquête interne a été conduite en 2019, que les faits avaient été signalés à la justice et « les enseignants impliqués » licenciés.

« Une enquête a été ouverte des chefs de harcèlement sexuel et agressions sexuelles en août 2019 » et les investigations ont été confiées au 3e district de police judiciaire (DPJ), a indiqué le parquet de Paris, sollicité par l’AFP. Une autre enquête, confiée au 1er DPJ, « du chef de viol a été ouverte en avril 2021 », a ajouté le  parquet, précisant que les deux enquêtes étaient « toujours en cours ».

Quatre professeurs renvoyés pour « faute grave »

Un enseignant serait concerné par les deux enquêtes, selon une source proche du dossier. Ce professeur et une autre personne avaient été placés en garde à vue dans le cadre de la seconde enquête, puis relâchés, sans poursuite à ce stade, a ajouté la source proche du dossier, sans préciser la date.

Selon Mediapart, l’école privée avait lancé en avril et mai 2019 une enquête « après le départ, en 2018, de la direction d’alors de L’Atelier de Sèvres » et recueilli « les témoignages d’une dizaine d’élèves ». Cinq professeurs avaient été mis à pied, puis quatre renvoyés de l’école en juillet 2019 pour « faute grave », selon le média d’investigation. Trois d’entre eux ont engagé une procédure aux prud’hommes, est-il souligné.

Une enquête interne conduite en 2019

Dans sa déclaration, Yann Fabès relate qu’en mars 2019, « l’équipe de direction actuelle de l’école a eu connaissance de violences et agissements dont les étudiantes et étudiants ont été victimes ». « Dès leur révélation, insiste-t-il, une enquête interne a été conduite et nous avons émis un signalement au commissariat d’arrondissement en mai et ensuite au procureur en juillet 2019 ». Selon Mediapart, les faits avaient été transmis à la justice sur la base de l’article 40 du code de procédure pénale, permettant à toute autorité ou tout fonctionnaire de signaler à la justice un crime ou un délit porté à sa connaissance.

Deux professeurs et un intendant, visés par les accusations d’étudiantes, ont nié les faits auprès de Mediapart. « Nous avons accompagné les victimes et licencié les enseignants impliqués dans ces agissements intolérables, que nous condamnons très fermement », insiste l’actuel directeur, qui mentionne notamment l’organisation dans l’école de « conférences sur les violences sexistes et sexuelles » pour sensibiliser élèves et professeurs.

Yann Fabès précise qu’au moment du signalement, « l’ancien directeur de L’Atelier de Sèvres avait déjà été licencié depuis octobre 2018 pour d’autres motifs ». L’établissement privé, fondé en 1979, prépare « les étudiants à la réussite des concours des écoles supérieures de créations publiques et privées, en France et à l’international », selon son site Internet. Situé dans le 6e arrondissement de Paris, il appartient au groupe Galileo.