Accusations de viol visant Gérard Depardieu : « Continuer à me taire c’est m’enterrer vivante… » La plaignante, Charlotte Arnould, sort de l’anonymat

ENQUETE Gérard Depardieu, 72 ans, a été mis en examen pour « viols » et « agressions sexuelles » le 16 décembre 2020, pour des faits commis, selon la plaignante, à l’été 2018

Thibaut Chevillard
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Gérard Depardieu au festival de Venise le 6 septembre 2017
Gérard Depardieu au festival de Venise le 6 septembre 2017 — Maria Laura Antonelli/AGF/SIPA
  • La comédienne Charlotte Arnould a affirmé jeudi sur Twitter avoir été violée par Gérard Depardieu en 2018. L’enquête, d’abord classée par le parquet de Paris, a été confiée à un juge d’instruction en octobre 2020.
  • L’acteur de 72 ans a été mis en examen pour « viols » et « agressions sexuelles » le 16 décembre 2020, pour ces faits.
  • Interrogé à plusieurs reprises par la juge d’instruction et les médias, il a toujours clamé son innocence.

Son identité était jusque-là inconnue. Mais jeudi soir, la comédienne Charlotte Arnould a estimé qu’elle ne pouvait plus se « taire », continuer de vivre « cachée et dans le silence ». La situation n’est plus « supportable ». La jeune femme de 25 ans a publié un message sur compte Twitter dans lequel elle affirme avoir « été violée par  Gérard Depardieu en août 2018 ».

Dans cette affaire, l’acteur de 72 ans – qui conteste les faits – est mis en examen depuis un an. « Il travaille pendant que je passe mon temps à survivre », poursuit celle qui dit avoir « besoin de vivre dans la vérité ». Cette confession, se doute-t-elle déjà, « risque d’être une secousse immense dans [sa] vie ». « Je n’y gagne rien si ce n’est l’espoir de récupérer mon intégrité », ajoute-t-elle. Avant de conclure : « Continuer à me taire c’est m’enterrer vivante. »

Originaire du Jura, Charlotte Arnould avait déposé plainte contre Gérard Depardieu fin août 2018 à la gendarmerie de Lambesc, dans les Bouches-du-Rhône. Elle accusait l’acteur, qui était ami avec son père, de l’avoir violée et agressée sexuellement à deux reprises à son domicile parisien, un hôtel particulier du 6e arrondissement, les 7 et 13 août 2018.

Agressions dans son hôtel particulier

Selon BFMTV, Gérard Depardieu l’a invité chez lui après l’avoir croisée dans la rue. Le monument du cinéma français aurait proposé à la jeune actrice, qui a joué dans une dizaine de courts-métrages ainsi que dans plusieurs pièces de théâtre, de la conseiller sur sa carrière. Mais une fois seul avec elle, il l’agresse sexuellement en lui imposant une pénétration digitale. Un peu plus tard, il s’en prend à nouveau à elle, dans sa chambre à coucher cette fois. La jeune femme quitte les lieux. Elle revient quelques jours plus tard, le 13 août, chez l’artiste afin de s’expliquer avec lui. Mais selon son récit, il l’agresse une nouvelle fois.


Le parquet de Paris, finalement saisi des faits, avait ouvert une enquête préliminaire visant Gérard Depardieu pour « viols et agressions sexuelles » et confié les investigations au 3e district de police judiciaire. Mais le 4 juin 2019, l’affaire avait été classée sans suite, le parquet estimant que « les nombreuses investigations réalisées » n’avaient « pas permis de caractériser les infractions dénoncées dans tous leurs éléments constitutifs ».

« Je suis innocent »

La plaignante a obtenu, mi-août 2020, la reprise de l’enquête via une plainte avec constitution de partie civile, un recours qui permet la désignation quasi automatique d’un juge pour relancer les investigations. L’acteur, qui conteste les faits, avait été mis en examen le 16 décembre et laissé libre sans contrôle judiciaire. Il a sollicité auprès de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris la nullité de sa mise en examen, mais la requête n’a pas encore été examinée. Des investigations sont encore en cours.

« Moi, violeur ? Ce ne sont que des mensonges, et le juge me croira », avait-il déclaré dans une interview au journal italien La Repubblica. « Je suis innocent et je n’ai rien à craindre. Il n’y a pas de preuves, il n’y a rien contre moi », avait-il insisté. Contacté par 20 Minutes, son avocat, Me Hervé Témime, n’a pas souhaité faire de commentaires.