Bordeaux : Dix-huit ans de prison requis en appel contre un « baron » présumé de la drogue

JUSTICE En première instance, ce Franco-Algérien de 41 ans avait été condamné à 16 ans de prison

C.C. avec AFP
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Le palais de justice de Bordeaux, en Gironde.
Le palais de justice de Bordeaux, en Gironde. — LODI FRANCK/SIPA

C’est deux ans de plus que sa condamnation en première instance. Dix-huit ans de prison ont été requis mercredi à l’encontre de Moufide Bouchibi, dépeint comme l’un des barons présumés de la drogue en France, pour une série de go fast en 2011 et 2012 portant sur des tonnes de cannabis, lors de son procès en appel à Bordeaux. L’avocate générale a réclamé à la cour d’appel une condamnation assortie d’une peine de sûreté des deux tiers et d’une amende de 3 millions d’euros à l’encontre du Franco-Algérien de 41 ans rejugé depuis lundi. Il sera fixé sur son sort le 9 février.


Aujourd’hui entouré de quatre avocats, celui qui est surnommé « Mouf », est soupçonné d’avoir été le commanditaire de 9 go-fast en 2011 et 2012 ayant permis d’importer plus de 3.7 tonnes de cannabis depuis le Maroc. Recherché par la police depuis 2012, il avait été condamné en son absence en 2015 par le tribunal correctionnel de Bordeaux à 20 ans de prison, tenant compte d’un état de récidive, et à un million d’euros d’amende pour ces faits.

Des écoutes téléphoniques détruites par erreur

Son interpellation en mars à Dubaï, après neuf ans de cavale selon la justice, puis son transfert avec incarcération en France avait débouché sur un nouveau procès en septembre devant ce même tribunal qui a prononcé en première instance une peine de 16 ans d’emprisonnement assortis d’une période de sûreté des deux tiers, d’une amende pénale de 4 millions d’euros et d’une amende douanière de 2 millions d’euros.

En septembre, le prévenu avait nié être derrière le trafic et mis en cause la validité des écoutes téléphoniques, au cœur de l’accusation, en arguant qu’un seul enquêteur « l’identifiait ». Mercredi, au dernier jour de son procès en appel, sa défense a enfoncé le clou en demandant à la cour de les « écarter juridiquement » après avoir appris la veille à l’audience que ces pièces à conviction avaient été détruites « par erreur » dans le cadre d’un plan d'« apurement massif des scellés » en 2019. Le parquet de Bordeaux joint par l’AFP a reconnu une « erreur humaine ». Depuis des mois, la défense dénonce l’illégalité du transfert de Dubaï vers la France, une « extradition déguisée » qui fait obstacle selon eux à un nouveau jugement de leur client.