Affaire Benalla: L'ex-chargé de mission de l'Elysée placé en garde à vue dans l'enquête sur le contrat russe

ENQUETE Alexandre Benalla et son épouse sont entendus par les enquêteurs de la police judiciaire à propos du contrat de sécurité signé par Vincent Crase avec l’oligarque russe Iskander Makhmoudov

T.C. avec AFP
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Alexandre Benalla au tribunal de Paris, le 19 février 2019.
Alexandre Benalla au tribunal de Paris, le 19 février 2019. — Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP

Les ennuis judiciaires d'Alexandre Benalla sont loin d’être terminés. L’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron, qui a été condamné en novembre dernier à un an de prison ferme – il a fait appel – pour des violences commises en marge d’une manifestation le 1er mai 2018, a été placé en garde à vue ce mardi matin par la police judiciaire parisienne, apprend 20 Minutes de source proche du dossier. Son épouse a également été interpellée.

Selon le journal Le Point, qui a révélé l’information, l’ancien chargé de mission de l’Elysée est entendu dans le cadre d’une enquête sur des soupçons de « corruption » autour d’un contrat de sécurité signé entre l’oligarque russe Iskander Makhmudov et son ancien acolyte Vincent Crase, un ancien gendarme et ex-salarié de  La République en Marche.

« Un contrat tout à fait clair »

Ce dernier, également condamné pour les violences du 1er-Mai, avait été brièvement placé en garde à vue dans ce dossier en décembre 2019. L’enquête du PNF porte notamment sur un contrat de sécurité passé entre la société Mars de Vincent Crase et Iskander Makhmudov. A la tête d’un empire industriel en Russie et par ailleurs détenteur de plusieurs propriétés en France, ce milliardaire a fait l’objet d’une enquête en Espagne sur des soupçons d’appartenance à une puissante organisation criminelle. Mais le dossier a été envoyé en Russie en 2011 et a fait l’objet d’un classement sans suite, selon le parquet de Madrid.

Lors d’un entretien à Paris Normandie en avril 2019, Vincent Crase, ancien officier réserviste de la gendarmerie, avait écarté toute irrégularité dans ce contrat. C’était « un contrat tout à fait clair, signé par avocats, et non un faux contrat comme j’ai pu le lire parfois », avait-il raconté, assurant n’avoir « jamais rencontré » l’oligarque russe.

Un contrat payé 294.000 euros

Le contrat « prévoyait d’assurer la sécurité et l’accompagnement des enfants de ce monsieur, scolarisés à Monaco, ainsi que la sécurité et l’accompagnement de Iskander Makhmudov lorsqu’il viendrait en France. Chose qu’il n’a jamais faite durant les trois mois de ce contrat », avait-il ajouté.

Mediapart avait révélé en décembre 2018 l’existence de ce contrat, sous-traité à une autre entreprise de sécurité, la société Velours, pour laquelle Alexandre Benalla a travaillé entre octobre 2014 et novembre 2015. Selon le site, Iskander Makhmudov aurait payé 294.000 euros pour ce contrat, dont un peu plus de la moitié – 172.200 euros – a été reversé sur des comptes de Velours. Devant la commission d’enquête sénatoriale sur les violences commises le 1er mai 2018, Alexandre Benalla avait assuré n’avoir pas pris part à la négociation de ce contrat.