Lyon : Trois ans de prison dont deux fermes pour le naturopathe qui agressait sexuellement ses patientes

TRIBUNAL Un septuagénaire, jugé pour avoir agressé sexuellement neuf victimes, a été condamné mardi par le tribunal correctionnel de Lyon à trois ans d’emprisonnement, dont un an avec sursis

J. Le. avec AFP
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Le tribunal judiciaire de Lyon, dans le 3e arrondissement.
Le tribunal judiciaire de Lyon, dans le 3e arrondissement. — J.L. / 20 MINUTES

Un naturopathe qui tenait une boutique d’herboristerie depuis 20 ans dans le 9e arrondissement a été jugé hier au tribunal correctionnel de Lyon, pour agressions sexuelles entre 2014 et 2017. Le jugement a suivi le parquet qui avait requis trois ans d’emprisonnement, dont un an avec sursis et mise à l’épreuve, pour agressions sexuelles commises avec «abus d’autorité», en lien avec sa pratique de «massages à visée thérapeutiques». 

Selon les récits des neuf victimes, l’homme se livrait à des gestes à caractère sexuel sous couvert de drainages lymphatiques. A l’audience, le prévenu, âgé de 71 ans, a accusé les victimes de «mensonges». «Il n’y avait aucune arrière-pensée dans ma tête», a-t-il assuré, décrivant avec de grands gestes les vertus du drainage.  

Des victimes psychologiquement vulnérables

«Le nombre des victimes et ses dénégations suscite l’inquiétude», a souligné la procureure, Céline Cuny. Plusieurs jeunes femmes ont décrit aux policiers des scènes similaires : mains sur les seins, près du sexe, discours scientifique entrecoupé de compliments, prix attractifs pour susciter de nouveaux rendez-vous 

Venues chercher de l’aide pour des problèmes de sommeil ou d’équilibre personnel, le naturopathe leur proposait des massages et les isolait dans une pièce tapissée de ses diplômes obtenus en Turquie, puis leur demandait de se dévêtir. «On n’ose pas bouger, on est paralysée», a décrit une victime à la barre.

Un suspect déjà mis en examen pour viol

L'avocat du prévenu, Jean-Jacques Rinck, a mis en avant de «très nombreux témoignages» et «des pétitions» reconnaissant ses qualités. Il a aussi dénoncé «le lynchage médiatique des personnes suspectées d’agressions sexuelles». 

Le prévenu a comparu détenu, mis en examen pour viol dans le cadre d’une autre instruction judiciaire en cours. Le tribunal a prononcé un mandat de dépôt et l’interdiction de toute activité en lien avec le soin à la personne pendant cinq ans.