Meeting d’Eric Zemmour : Sept gardes à vue prolongées après les violences commises à Villepinte

ENQUÊTE Dans un communiqué diffusé lundi soir, le parquet de Bobigny indique que cinq militants de SOS Racisme avaient été placés en garde à vue avant d’être libérés

Hélène Sergent avec AFP
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Des policiers au fond de la salle où s'est déroulé le meeting d'Eric Zemmour à Villepinte.
Des policiers au fond de la salle où s'est déroulé le meeting d'Eric Zemmour à Villepinte. — Jeanne Accorsini/SIPA

Les investigations se poursuivent. Deux jours après le meeting d’Eric Zemmour à Villepinte,  émaillé par plusieurs scènes de violence, le parquet de Bobigny a annoncé la prolongation de sept mesures de garde à vue dans un communiqué diffusé lundi soir. Une enquête portant à la fois sur  les coups visant des militants de SOS Racisme et sur des violences à l’encontre du candidat d’extrême droite  a été ouverte.

Au total, 58 personnes avaient été interpellées en marge du meeting pour des faits de « participation à un attroupement armé », « outrage » ou « rebellions ». Sur ces infractions, six gardes à vue ont été prolongées et 52 levées. Parmi les autres personnes libérées se trouvaient cinq militants de SOS Racisme ayant participé à l’action pacifiste puis visés par des coups de la part de participants au meeting. Ces militants avaient été retenus « par le service de sécurité du meeting » afin d’être « mis à disposition » de la police, révèle le parquet de Bobigny.

Dépôt de plainte et ITT

Cette scène de violence, abondamment relayée sur les réseaux sociaux, fait l’objet d’une enquête de flagrance confiée à la sûreté départementale de Seine-Saint-Denis. « Il s’agit […] de déterminer précisément les différents actes de violences commis au cours du meeting et d’en identifier les auteurs, notamment à partir de l’analyse précise des images de vidéoprotection », souligne le communiqué du parquet. Par ailleurs, les cinq militants de l’association antiraciste se sont vus proposés de déposer plainte pour les coups reçus à l’issue de leur action.

Mais les investigations portent également sur les violences subies par Eric Zemmour lui-même. Alors qu’il se rendait sur la scène du parc des expositions de Villepinte, le candidat à l’élection présidentielle a été agrippé au cou par un homme qui se trouvait dans la foule. Exfiltré puis interpellé, le suspect a été placé en garde en vue. Une mesure prolongée lundi soir. L’entourage d’Eric Zemmour avait indiqué  qu’il souffrait d’une blessure au poignet et s’était vu prescrire neuf jours d’interruption temporaire de travail (ITT). Une information nuancée depuis par le parquet, qui a précisé à l’Agence France Presse que le certificat fourni n’avait pas été établi par une unité médico-judiciaire (UMJ), habilitée à déterminer les ITT en vue de poursuites pénales.

Des « provocations » pour Zemmour

À l’image de plusieurs responsables Les Républicains, Gérard Larcher ou la candidate Valérie Pécresse, Eric Zemmour a condamné mardi « toutes les violences » qui ont perturbé son premier meeting, tout en dénonçant des « provocations » de la part de militants de SOS Racisme. Interrogé par Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFMTV ce mardi, il les a qualifiés de « chiens truffiers des subventions », et a accusé les médias de complaisance.

De son côté, le président de SOS Racisme, Dominique Sopo a assuré à l’AFP que des membres des « Zouaves Paris ou d’anciens proches de ce groupe » d’ultradroite se trouvaient parmi les agresseurs.