Fresnes : Un détenu condamné pour agression sexuelle sur une détenue enfermée avec lui par mégarde

PROCES La victime et le prévenu se sont retrouvés par erreur dans la même pièce de l’hôpital pénitentiaire de Fresnes

20 Minutes avec AFP
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La prison de Fresnes (Val-de-Marne).
La prison de Fresnes (Val-de-Marne). — Thibault Camus/AP/SIPA

Une femme enfermée par mégarde avec six hommes dans l’enceinte de la prison de Fresnes. Le 15 septembre 2021, la victime âgée d’une trentaine d’années, incarcérée depuis près d’un an, patientait avant un rendez-vous médical dans une salle prévue à cet effet, dans le centre pénitentiaire de Fresnes (Val-de-Marne) quand un surveillant avait fait entrer six autres détenus masculins. L’un des six hommes avait frappé les fesses de la plaignante. Il a été condamné, ce jeudi à Créteil, à dix mois de prison pour  agression sexuelle.

Une enquête interne dans l’administration pénitentiaire est en cours au sujet de cette erreur. Dans un document interne, le surveillant a reconnu « ne pas avoir regardé plus précisément dans un renfoncement » de la salle, où il avait fait entrer les six détenus, sans voir la femme qui, selon lui, ne s’était pas manifestée. « Elle a alerté le surveillant de sa présence à deux reprises », a au contraire assuré l’avocat de la victime, Maître Arnaud Libaude, insistant : « Si le protocole interdit de mettre à côté un détenu homme et une détenue femme, c’est qu’il y a une raison ».

Un «​geste rabaissant » mais aussi « pour faire mal »

Le prévenu, un homme de 23 ans, était accusé d’avoir frappé la jeune femme au niveau de la fesse. « Ça l’a beaucoup fait rire mais moi ça ne m’a pas fait rire du tout », a raconté devant le tribunal correctionnel la victime. Le prévenu s’en est excusé à plusieurs reprises devant le tribunal, se défendant du caractère sexuel de son acte.

Le tribunal l’a condamné à dix mois de prison pour « atteinte sexuelle avec violence​, contrainte menace ou surprise ». Pour l’avocat de la victime, il s’agissait d’un « geste non seulement destiné à la rabaisser et à l’humilier […] mais aussi et surtout à lui faire mal », qui a provoqué une « rupture de confiance » chez sa cliente, qui a depuis « peur de la prison ». Arnaud Libaude affirme « se réserver la possibilité d’une saisine du tribunal administratif pour faute lourde envers l’Etat ».