Marseille : Un collégien de 14 ans poursuivi pour « apologie du terrorisme » relaxé

HOMMAGE À SAMUEL PATY Rien n'a permis de démontrer la radicalisation de cet adolescent, un réfugié afghan arrivé en France deux ans avant les faits et maniant encore mal la langue

20 Minutes avec AFP
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Le tribunal de Marseille
Le tribunal de Marseille — Alexandre Vella / 20 Minutes

Un collégien afghan de 14 ans, qui avait été accusé à Marseille d'«  apologie du terrorisme » pour des propos qu’il aurait tenus lors d’un hommage au professeur décapité Samuel Paty, a été relaxé par le tribunal, aucun élément n’ayant démontré sa radicalisation.

Le parquet de Marseille a confirmé ce jeudi cette information du site d’investigationMarsactu précisant qu’il n’entendait « pas faire appel de cette relaxe » alors qu’il avait requis deux mois de prison avec sursis à l’audience.

Arrivée en France depuis deux ans

Les faits dataient de novembre 2020 lors d’une discussion improvisée en cours d’éducation physique et sportive (EPS). Le jeune garçon qui a passé douze ans en Afghanistan aurait répété que Samuel Paty n’avait « pas à faire ça », en référence au professeur décapité le 16 octobre 2020 parce qu’il avait montré des caricatures de Mahomet à ses élèves.

Il aurait répondu « oui » à des camarades qui lui demandaient s’il cautionnait l’acte terroriste et affirmé qu’il aurait « filmé et posté sur Instagram » l’image de sa propre enseignante d’histoire-géo si elle avait tenu les mêmes propos.

« Ça fait deux ans qu’il vit en France, il parle mal le français et on le traîne devant le tribunal parce qu’une horde de gamins lui est tombée dessus, lui disant : "alors, tu cautionnes !" Il a répondu "oui" ou "non" à une série de questions posées en même temps. Rien dans tout cela ne relève de l’apologie du terrorisme », explique son avocate, Anne-Sophie Grardel, selon qui son client qui « ne regarde pas la TV », ne savait pas ce qui était arrivé à Samuel Paty.

Pas « dans un processus de radicalisation »

Dans son signalement, la principale du collège, absente au moment des faits, avait indiqué aux policiers que l’adolescent aurait dit « moi aussi, je l’aurais tué », des propos qui n’ont jamais été corroborés par la suite.

L’adolescent avait été mis en examen pour « apologie du terrorisme » mais l’enquête n’a pas permis d’étayer sa radicalisation, bien au contraire. Son père, policier en Afghanistan aujourd’hui gérant d’un snack, a fui les talibans et obtenu l’asile politique en France. Une éducatrice a témoigné que l’adolescent a été « élevé dans des valeurs opposées à celles prônées par l’islamisme radical » et un psychologue qu’il n’était pas « dans un processus de radicalisation ».