Rhinocéros tué à Thoiry : Non-lieu dans l’affaire du braconnage de Vince

IMPUNITE Après quatre ans d’enquête, les auteurs de l’exécution de l’animal n’ont toujours pas été identifiés

G. N. avec AFP
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Bruno et Gracie, deux anciens collègues de Vince au zoo de Thoiry.
Bruno et Gracie, deux anciens collègues de Vince au zoo de Thoiry. — Christophe Ena/AP/SIPA

Le juge d’instruction en charge de l’enquête sur le vol de l’une des cornes de Vince, le rhinocéros blanc abattu de trois balles dans la tête en 2017 dans un zoo des Yvelines, a prononcé un non-lieu, a appris l’AFP après avoir sollicité le parquet de Versailles. Le 7 mars 2017, les soigneurs du zoo de Thoiry (Yvelines), près de Paris, découvrent un de leurs rhinocéros, Vince, quatre ans, abattu de trois balles dans la tête, la corne principale sciée et volée.

Après plus de quatre ans d’enquête confiée à la gendarmerie de Mantes-la-Jolie, un non-lieu a été prononcé le 29 novembre, aucun auteur n’ayant été identifié, a précisé le parquet de Versailles. Le meurtre et la mutilation de l’animal, inédits pour un zoo européen, avaient provoqué un fort émoi, bien au-delà des frontières françaises, et fait réagir la ministre de l’Ecologie de l’époque, Ségolène Royal.

Une valeur de plusieurs dizaines de milliers d’euros

La valeur marchande de la corne de Vince, longue d’une vingtaine de centimètres, avait été estimée à entre « 30.000 et 40.000 euros » par les enquêteurs. Le rhinocéros blanc, originaire d’Afrique du Sud, a failli disparaître au XIXe siècle et est devenu une sous-espèce extrêmement menacée par le braconnage.

Sa corne fait l’objet d’un trafic mondial, car elle s’arrache pour des dizaines de milliers de dollars sur le marché noir, notamment en Chine​ et au Vietnam. La médecine traditionnelle lui prête toutes sortes de fausses vertus, comme guérir le cancer ou l’impuissance. Son commerce international est interdit depuis 1977, mais cette mesure n’a pas permis d’enrayer le massacre des rhinocéros en Afrique.