Suicides à France Télécom : Le procès en appel fixé du 11 mai à début juillet 2022

HARCELEMENT En première instance, le tribunal les avait condamné pour harcèlement moral institutionnel et collectif

M.F avec AFP
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L'ex-PDG de France Télécom, Didier Lombard, à son procès en 2019.
L'ex-PDG de France Télécom, Didier Lombard, à son procès en 2019. — Michel Euler/AP/SIPA

Les anciens dirigeants de France Télécom à nouveau devant le juge. Condamnés en première instance pour harcèlement moral après une vague de suicides de salariés, l’ex-PDG Didier Lombard, l’ex-numéro 2 Louis-Pierre Wenès et d’autres responsables seront à nouveau jugés à partir du 11 mai, a décidé mercredi la cour d’appel de Paris. Le procès en appel se tiendra à raison d’une journée complète et de deux demi-journées par semaine en mai, puis de deux journées complètes par semaine ensuite, jusqu’à « début juillet » 2022, selon un calendrier fixé mercredi lors d’une audience intermédiaire.

France Télécom, première entreprise du CAC 40 condamnée pour un « harcèlement moral » institutionnel, n’avait pas fait appel, sa condamnation à la peine d’amende maximale de 75.000 euros est donc définitive. L’ex-DRH Olivier Barberot, qui avait aussi fait appel, « s’est désisté le 24 septembre », a indiqué mercredi son avocat devant la cour.

« Dégrader les conditions de travail des agents afin d’accélérer leurs départs »

Le 20 décembre 2019, le tribunal correctionnel de Paris avait, dans un jugement inédit, sanctionné un harcèlement moral institutionnel, collectif, « ayant eu pour cible plusieurs dizaines de milliers » de personnes. Les juges avaient condamné les trois ex-dirigeants à un an de prison, dont huit mois avec sursis, et 15.000 euros d’amende pour leur « rôle prééminent » dans la mise en place d’une politique de réduction des effectifs « jusqu’au-boutiste » sur la période 2007-2008.

Le tribunal avait estimé qu’ils avaient mis la « pression sur l’encadrement », qui « a répercuté cette pression » sur les agents, et mis en place « un plan concerté pour dégrader les conditions de travail des agents afin d’accélérer leurs départs », une politique qui « a créé un climat anxiogène ». Quatre autres responsables, condamnés à quatre mois de prison avec sursis et 5.000 euros d’amende, seront rejugés pour complicité de harcèlement moral.

« Je me suicide à cause de France Télécom »

L’affaire remonte à plus de dix ans. France Télécom, devenue Orange en 2013, faisait alors la Une des médias en raison de suicides parmi ses salariés. En juillet 2009, Michel Deparis, un technicien marseillais avait mis fin à ses jours en critiquant dans une lettre le « management par la terreur ». « Je me suicide à cause de France Télécom. C’est la seule cause », avait-il écrit. Deux mois plus tard, une première plainte était déposée par le syndicat Sud.

Le tribunal avait examiné en détail les cas de trente-neuf salariés : dix-neuf se sont suicidés, douze ont tenté de le faire et huit ont subi un épisode de dépression ou un arrêt de travail.