Comment les enquêteurs ont identifié un suspect dans le meurtre de Nadège Desnoix, vingt-sept ans après les faits

COLD CASE Nadège Desnoix, une lycéenne de 17 ans, avait été retrouvée étranglée, le corps lardé de coups de couteau, en mai 1994, à Château-Thierry, dans l’Aisne

Caroline Politi
— 
Nadège Desnoix a été retrouvée morte à Chateau-Thierry, non loin de son lycée, en mai 1994
Nadège Desnoix a été retrouvée morte à Chateau-Thierry, non loin de son lycée, en mai 1994 — CHAMUSSY/SIPA

Est-ce la fin d’un mystère vieux de près de 30 ans ? Un quinquagénaire a été interpellé à Rennes mardi matin dans le cadre de l’enquête sur le meurtre de Nadège Desnoix, une adolescente de 17 ans, tuée le 24 mai 1994 à Château-Thierry, dans l’Aisne, a appris 20 Minutes de sources policières, confirmant une information du Parisien. « La famille est attentive à cette garde à vue, nous verrons ce qu’il en ressortira », a confié, prudent, l’avocat de la famille, Me Arnaud Miel. Pour l’heure, le parquet se refuse à tout commentaire.

C’est un prélèvement ADN qui est à l’origine de ce spectaculaire rebondissement. Selon nos informations, l’homme, « très défavorablement » connu des services de police, a été mis en cause au printemps 2021 dans une affaire de violences conjugales à Bar-le-Duc, dans la Meuse, où il réside. Son ADN a alors été ajouté au Fichier national automatisé des empreintes génétiques et a « matché » avec celui prélevé sur la scène de crime de 1994. La trace d’un ADN masculin inconnu avait, en effet, été relevée sur le chouchou de la jeune victime lorsque tous les scellés ont été réexaminés en 2011, à la faveur des progrès de la science.

Selon une source proche de l’enquête, le suspect était également connu pour une affaire d’enlèvement de mineur survenue en 1996 et un viol sur mineur en 2000. Comment, dès lors, expliquer que son ADN ne figurait pas déjà au fichier des empreintes génétiques, créé en 1998 et entrée en vigueur cette année-là ? C’est ce que l’enquête devra notamment s’attacher à établir.

La piste Fourniret

Dans cette affaire, de nombreuses pistes ont été explorées, à commencer par celle de Michel Fourniret, l’« ogre des Ardennes ». Des comparaisons ont notamment été menées au printemps entre l’ADN découvert sur un matelas retrouvé dans la camionnette du tueur en série et celui de la lycéenne. Mais c’est donc une autre piste qui est désormais privilégiée, vingt-sept ans après la découverte du corps de Nadège Desnoix, sur le bord un chemin bordant l'A4, à proximité du lycée technique Jules-Verne où elle était élève en classe de première. L’autopsie a révélé qu’elle avait été étranglée et poignardée à de nombreuses reprises mais n’avait pas subi de viol.

Le suspect, qui résidait dans la même région que la victime au moment des faits, est actuellement entendu par les enquêteurs de la police judiciaire de Creil et de l’Office central pour la répression des violences aux personnes qui possède une cellule spécialisée dans le traitement des « cold cases ».