Rennes : Il projetait un attentat au Roazhon Park, un jeune de 21 ans jugé

TERRORISME Lycéen au moment des faits, le jeune homme avait été interpellé le 16 janvier 2018 alors qu’il prévoyait de partir en Syrie

Jérôme Gicquel
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Un plan dessiné à la main du Roazhon Park avait été découvert au moment de l'interpellation du jeune homme en janvier 2018.
Un plan dessiné à la main du Roazhon Park avait été découvert au moment de l'interpellation du jeune homme en janvier 2018. — David Vincent/AP/SIPA
  • Un Rennais de 21 ans comparaît à partir de ce mardi devant la cour d’assises des mineurs de Paris pour avoir projeté un attentat au Roazhon Park.
  • Il avait été interpellé en janvier 2018 au domicile de sa mère alors qu’il projetait de se rendre en Syrie.
  • Lors des perquisitions, les enquêteurs avaient découvert un plan dessiné à la main du Roazhon Park avec une liste d’armes et le nombre de victimes potentielles.

Était-il prêt à mettre son plan à exécution, ou l’avait-il simplement couché sur le papier avant de finalement l’abandonner ? Un jeune homme de 21 ans doit comparaître à partir de ce mardi devant la cour d’assises des mineurs de Paris, compétente pour les affaires de terrorisme, pour avoir projeté un attentat au Roazhon Park, l’antre du Stade Rennais. Âgé de 17 ans au moment des faits, le lycéen, né à Morlaix, avait été interpellé le 16 janvier 2018 au domicile de sa mère, à Rennes.

Depuis plusieurs semaines, la DGSI l’avait placé sous surveillance en raison de son activité soutenue sur les réseaux sociaux. Échangeant beaucoup avec des individus appartenant à la mouvance djihadiste sur la messagerie cryptée Telegram, le jeune homme relayait aussi des textes et des vidéos de propagande de l’État islamique ou de Jabhat Al-Nosra. Il avait également fait part de ses velléités de départ en Syrie, promettant de commettre une action violente s’il ne parvenait pas à rejoindre le pays. « Un 13-novembre mais en mieux », écrivait-il ainsi dans un message envoyé sur Telegram.

Une liste d’armes et le nombre de victimes potentielles sur un bout de papier

Lors des perquisitions, les enquêteurs avaient mis la main sur un plan dessiné à la main, avec l’emplacement du Roazhon Park ainsi que du bar L’Équipe et du Carrefour City situés à proximité. Une liste d’armes ainsi que le nombre de victimes potentielles avaient également été notés sur ce bout de papier. Le scénario macabre qu’il avait imaginé prévoyait une équipe de dix assaillants munis d’armes à feu ou de couteaux pour tuer un maximum de personnes. Des photographies aériennes du Roazhon Park et des plans d’accès au stade avaient également été découverts sur le disque dur de son ordinateur, ainsi que des documents pour « fabriquer une bombe dans la cuisine de votre mère » ou perpétrer une attaque ciblée.

Lors des auditions, le jeune homme, qui s’était converti à l’islam un an auparavant, avait admis avoir imaginé ce projet au cours du premier trimestre 2017 avant finalement d’y renoncer. « Ce n’était qu’un projet pensé sur le papier qu’il a très vite abandonné, estime Me Jean-Guillaume Le Mintier. Il n’y a jamais eu le moindre acte préparatoire ou commencement d’exécution de ce projet. »

Un jeune « en quête d’identité et de reconnaissance »

L’avocat met en avant le profil de son client, un jeune homme renfermé qui n’a jamais connu son père et a été élevé seul par sa mère. « Au moment des faits, il était dans une quête d’identité et de reconnaissance et il a trouvé dans cette cause un moyen d’exister », affirme-t-il, ajoutant que le jeune homme, passé par un quartier d’évaluation de la radicalisation, a aujourd’hui « évolué positivement ».

Jusqu’à vendredi, il comparaîtra dans le box avec un coaccusé, également âgé de 21 ans. Originaire de la Manche, ce dernier est également accusé d’association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte de terrorisme. Ils encourent tous deux jusqu’à vingt ans de prison.