Montpellier : L’affaire du cambriolage mortel dans le jardin de Saint-Adrien, à Servian, devant les assises

PROCES Pendant trois semaines, la présidente et les jurés vont tenter de démêler les fils de cette histoire rocambolesque

Jérôme Diesnis
— 
La cour d’assises de Montpellier;
La cour d’assises de Montpellier; — J. Diesnis / Agence Maxele Presse
  • Le procès de Daniel Malgouyres, accusé d’avoir organisé son propre cambriolage dans son domaine de Servian (Hérault), élu comme le plus beau jardin de France en 2013, s’est ouvert ce lundi après-midi devant les assises de l’Hérault.
  • Ce procès fleuve, prévu pour durer trois semaines, doit permettre de comprendre ce qui s’est passé le 5 octobre 2017 lorsque deux cambrioleurs se sont introduits dans le domaine.
  • Daniel Malgouyres est accusé d’avoir recruté deux cambrioleurs dans le but de délester sa femme d’une importante somme d’argent et de mettre sa vie en danger, avant de tuer l’un des deux cambrioleurs.

Durant trois semaines, les jurés de la cour d’assises de l'Hérault vont tenter de démêler les fils d’une affaire aussi rocambolesque qu’attendue. D’abord par la personnalité de l’accusé et de la victime. Daniel et Françoise Malgouyres étaient les propriétaires du jardin de Saint-Adrien à Servian, un lieu magnifique élu dans l’émission télévisée de Stéphane Bern « Le Jardin préféré des Français », en 2013.

Mais, le 5 octobre 2017, leur vie a basculé : le couple a été victime d’une tentative de cambriolage. Ce soir-là, deux hommes s’étaient introduits au domicile du couple. L’un des deux avait été abattu par Daniel Malgouyres, alors que ce dernier se trouvait à l’étage, seul, avec le cambrioleur. L’autre s’était alors enfui, avant d’être rapidement retrouvé après la découverte d’une cagoule portant son ADN.

Un couple qui se déchirait

Arrêté dans la foulée à Perpignan, Richard Bruno explique aux enquêteurs avoir été payé par Daniel Malgouyres pour réaliser ce cambriolage afin de faire peur à sa femme, fragilisée par un grave accident quelques mois plus tôt. Mais aussi afin de récupérer 100.000 euros cachés dans un coffre-fort, dont elle seule connaissait le code. Les deux cambrioleurs auraient été recrutés par Richard Llop, professeur d’éducation et ami de la famille, lui aussi sur le banc des accusés.

Le couple était en train de se déchirer au moment du cambriolage. Les enquêteurs ont par ailleurs très vite découvert la liaison entre le propriétaire des lieux et une employée. « Oui ou non, son mari est-il l’instigateur de ce faux cambriolage ?, questionne Frank Berton, un ténor du barreau, avocat de Françoise Malgouyres. N’était-ce qu’un cambriolage ou plutôt le moyen d’attenter à sa vie ? »

Daniel Malgouyres seul accusé incarcéré

Incarcéré à la suite de ces accusations, Daniel Malgouyres n’a eu de cesse, depuis, de clamer son innocence. Il est le seul accusé incarcéré, les deux autres accusés sont arrivés libres à l’audience. Il a fait six demandes de remises en liberté. Libéré le 6 novembre 2018, il y était retourné le lendemain pour avoir dormi chez sa fille, alors qu’il n’avait pas le droit de séjourner dans l’Hérault. « Il a abattu une personne venue faire un home-jacking à son domicile, explique son avocat Jean-Marc Darrigade. Les accusions des autres ne sont, selon lui, destinées qu’à se dédouaner du crime qu’ils ont commis. »

Une cinquantaine de témoins et une dizaine d’experts sont cités à comparaître au cours de ces trois semaines. L’après-midi de ce premier jour de procès était consacré à l’étude de personnalité des accusés. Les premiers témoins témoigneront mardi. Le procès doit durer jusqu’au17 décembre.