Rennes : Un policier soupçonné d’avoir éborgné un étudiant renvoyé au tribunal

PROCES Un homme âgé de 20 ans avait perdu un œil, touché au visage par un tir de LBD lors d’une manifestation en 2016

C.A. avec AFP
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C'est sur ce pont qu'un étudiant avait été blessé par un tir de LBD lors d'une manifestation contre la loi Travail à Rennes le 28 avril 2016. Il a perdu son œil.
C'est sur ce pont qu'un étudiant avait été blessé par un tir de LBD lors d'une manifestation contre la loi Travail à Rennes le 28 avril 2016. Il a perdu son œil. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Le sang, la panique, la douleur. Les images avaient choqué tous ceux qui l’avaient croisé ce jour d’avril 2016. Alors qu’il participait à une manifestation contre la loi Travail organisée dans le centre-ville de Rennes, Jean-François Martin avait été touché au visage par un tir de LBD (lanceur de balle de défense de type flash-ball). L’étudiant alors âgé de 20 ans avait perdu son oeil. Plus de cinq ans après les faits, le parquet général de Rennes vient d’annoncer que le policier mis en cause dans cette affaire serait renvoyé devant le tribunal correctionnel.

Deux policiers avaient été mis en cause au cours de l’enquête mais seul un sera poursuivi. Le policier mis en cause comparaîtra « pour le délit de blessures involontaires ayant entraîné une ITT de plus de trois mois ». La chambre de l’instruction a ainsi partiellement infirmé l'ordonnance de non-lieu rendue en mai 2020. Ce non-lieu avait été motivé par le fait que l’auteur du tir n’avait pu être « identifié avec certitude ».

L’étudiant en géographie avait fait appel de l’ordonnance de non-lieu. Ce renvoi devant le tribunal correctionnel est « une excellente nouvelle pour Jean-François Martin et sa famille et on s’en félicite », a estimé leur avocat, Me Arié Alimi. « C’est très important pour toutes les victimes de violences policières », a-t-il souligné, relevant qu’il y avait « peu de renvois devant un tribunal pour un tir de LBD ».

En janvier 2020, le défenseur des droits avait réclamé des poursuites disciplinaires contre les deux policiers « pour usage disproportionné de la force ».