« Nous espérons que l’alerte sera entendue… » Eric Dupond-Moretti reçoit des magistrats pour évoquer le mal-être de la profession

JUSTICE Une trentaine de magistrats et de greffiers ont été reçus pendant près de trois heures par le garde des Sceaux

C.Po.
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Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti à l'Elysée, le 27 octobre 2021
Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti à l'Elysée, le 27 octobre 2021 — Jacques Witt/SIPA
  • Près de 5.500 magistrats et greffiers ont dénoncé la dégradation de leurs conditions de travail et le manque de temps pour traiter les dossiers dans une tribune parue en milieu de semaine dans le quotidien Le Monde.
  • Eric Dupond-Moretti a reçu une trentaine de représentants de la profession ce vendredi.
  • Un dialogue qu'il souhaite régulier.

La rencontre a duré un peu plus de trois heures. Ce vendredi matin, le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, a reçu une délégation d’une trentaine de magistrats et de greffiers signataires d’une tribune parue en début de semaine dans Le Monde dénonçant leurs conditions de travail et le malaise grandissant au sein de cette profession. Au cours de cette table ronde, ces derniers ont livré « des témoignages émouvants, très forts, notamment sur leur charge de travail, leurs conditions de travail », a assuré le garde des Sceaux lors d’un court point presse.

Une discussion « sans filtre » qu’Eric Dupond-Moretti souhaite renouveler. « Le dialogue institutionnel avec la Chancellerie se fait bien sûr avec les chefs de cour et de juridictions et, sans renier ce dialogue absolument indispensable, il est essentiel que nous soyons aussi au plus près et au plus proche du terrain. Nous nous reverrons donc très prochainement », a-t-il insisté.

« Nous avons réitéré les constats de terrain »

A leur sortie, seuls les auteurs de la tribune, originellement signée par 3.000 magistrats et qui compte désormais 5.500 signatures – soit plus de la moitié de la profession – ont brièvement pris la parole. « Lors de la rencontre avec le garde des Sceaux, nous avons réitéré les constats de terrain qui y figurent », ont-ils indiqué. Et de préciser : « Nous espérons que l’alerte que nous avons lancée sera entendue et que nous percevrons des changements notables dans nos tribunaux pour l’intérêt de nos justiciables. »

Dans cette tribune, les signataires dénonçaient notamment « une justice qui maltraite les justiciables, mais également ceux qui œuvrent à son fonctionnement, greffiers et magistrats ». Audiences surchargées voire expédiées, horaires de travail intenables, arrêts maladie qui se multiplient… Tous y détaillaient le « dilemme intenable » auquel ils se trouvent confrontés : « Juger vite mais mal, ou juger bien mais dans des délais inacceptables. » Des sujets longuement abordés ce vendredi matin.

Le garde des Sceaux recevra également sur ce sujet lundi après-midi les représentants des chefs de cour et de juridiction. Il avait par ailleurs convié, mardi, les associations professionnelles de magistrats. Mais ces dernières ont indiqué vendredi dans un communiqué avoir refusé cette « initiative consistant à [les] convoquer dans la précipitation ».