Tours : La première adjointe et son mari poursuivis pour détournement de fonds

ENQUETE L’homme soupçonné, qui a succédé à son épouse à la tête de l’Apajh 37 en janvier 2017, a reconnu les faits

20 Minutes avec AFP
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Le fronton d'un palais de justice. (illustration)
Le fronton d'un palais de justice. (illustration) — SICCOLI PATRICK/SIPA

La fraude avoisinerait 350.000 euros. La première adjointe à la ville de Tours, Cathy Münsch-Masset (PS), est poursuivie pour recel d’ abus de confiance aggravé dans un dossier de détournement de fonds impliquant son mari, a-t-on appris ce jeudi de sources proches du dossier. L’élue est soupçonnée d’avoir bénéficié de fonds détournés par son mari, dans le cadre de sa fonction de directeur de l’Association pour adultes et jeunes handicapés d’Indre-et-Loire (Apajh 37).

Le dirigeant de l’association venant en aide aux handicapés est accusé d’avoir détourné de nombreux chèques entre 2018 et 2020. Il établissait des fausses factures avant de faire transiter les fonds sur le compte du couple.

Pas de complicité mise en lumière

Si le directeur, qui a succédé à son épouse à la tête de l’Apajh 37 en janvier 2017, a reconnu les faits, il a toutefois affirmé avoir agi seul. Le fonctionnaire des finances publiques en disponibilité aurait indiqué n’avoir jamais informé son épouse, par ailleurs conseillère régionale de la majorité PS-EELV-PCF en Centre-Val-de-Loire. Il est poursuivi pour faux, usage de faux et abus de confiance au préjudice d’une association faisant appel au don.

L’enquête, menée par la Direction territoriale de la police judiciaire d’Orléans, n’a pas mis en évidence une quelconque complicité de son épouse dans le processus de détournement. Cathy Münsch-Masset, adjointe aux Solidarités, à l’égalité, à la cohésion sociale, à la santé publique et aux handicaps, a d’ailleurs aussi contesté les faits de recel. Le couple était endetté, a-t-on appris de même source.

Une alerte de Tracfin

Confirmant ces informations, le procureur de la République de Tours, Grégoire Dulin, a indiqué qu’à l’issue de leurs gardes à vue, les époux ont été présentés au parquet en vue d’une convocation en justice et un placement sous contrôle judiciaire. La maison du couple a fait l’objet d’une saisie en vue d’une éventuelle confiscation à l’issue du procès, prévu le 8 février 2022 au tribunal correctionnel de Tours. Le magistrat a rappelé le principe de présomption d’innocence.

Selon une autre source proche du dossier, le couple a fait l’objet d’un signalement par Tracfin au printemps 2021. Ce service de renseignement chargé de la lutte contre la fraude fiscale et le blanchiment avait été alerté par la banque des époux.