Besançon : Le principal incendiaire de la fourrière municipale condamné

VIOLENCES Pour détruire une voiture impliquée dans une fusillade, un groupe d’hommes avait incendié le véhicule placé en fourrière à Besançon, ce qui avait détruit par propagation des flammes 160 voitures et une partie du centre commercial avoisinant. Ils comparaissaient devant la justice mercredi

G.V. avec AFP
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Un palis de justice. Illustration.
Un palis de justice. Illustration. — Sebastien SALOM-GOMIS/SIPA

C’est le principal instigateur d’un incendie criminel qui avait détruit le 31 décembre 2019 la fourrière municipale, plus de 160 véhicules et un centre commercial du quartier de la Planoise à Besançon. Soit un préjudice estimé à 10 millions d’euros. Il comparaissait devant la justice mercredi au tribunal correctionnel de Besançon.

Quatre hommes étaient entrés dans la fourrière située en plein cœur du quartier populaire de Planoise et avaient incendié une voiture volée, une BMW, menaçant les gardiens avec une arme factice. Elle avait servi lors d’un épisode de tirs à l’arme lourde quelques jours auparavant. Les flammes s’étaient rapidement propagées, détruisant plus de 160 véhicules et un centre commercial considéré comme le « poumon social » et « l’artère vitale » du quartier par les parties civiles. Une quarantaine de pompiers étaient intervenus pour éteindre cette fournaise culminant à 800 degrés.

Sur fond de trafic de drogues

« En attaquant une BMW pour détruire les preuves d’un crime, vous avez attaqué le quotidien des habitants du quartier, de vos proches », a plaidé Me Michaël Goupil, pour la ville et l’agglomération de Besançon. Cet incendie criminel était lié aux violents affrontements armés qui ont opposé, de novembre 2019 à mars 2020, deux bandes rivales pour le contrôle du marché de la drogue à la Planoise, faisant un mort et une douzaine de blessés, âgés de 14 ans à 31 ans. Une cinquantaine de personnes ont été mises en examen dans ce dossier en cours d’instruction

Quatre autres prévenus impliqués à différents degrés dans la préparation et l’exécution de l’incendie ont été condamnés à des peines allant de 18 mois de prison, dont 12 avec sursis, à cinq ans de prison, dont 24 mois avec sursis. Selon leurs avocats, ils n’étaient que les « exécutants » et les « fusibles » d’une organisation criminelle qui leur donnait quelques centaines d’euros pour rendre des « services » difficiles à refuser.

Le tribunal a relaxé deux prévenus « au bénéfice du doute », le parquet annonçant qu’il ferait appel de ces relaxes. Le principal instigateur a quant à lui été condamné à huit ans d’emprisonnement.