Lot-et-Garonne : Après la disparition de deux sœurs handicapées en 2016 à Nérac, l'enquête reprend et la mère est libérée

ENQUETE La justice a ordonné ce mercredi le renvoi du dossier à l'instruction et la libération de la mère des deux fillettes

20 Minutes avec AFP
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Deux fillettes polyhandicapées ont disparu à Nérac en 2016.
Deux fillettes polyhandicapées ont disparu à Nérac en 2016. — THIERRY BRETON / AFP
  • En 2016, deux fillettes polyhandicapées de 12 et 13 ans ont disparu à Nérac en Lot-et-Garonne.
  • La justice a ordonné mercredi le renvoi du dossier à l’instruction et la libération de leur mère, soupçonnée d’avoir tué les adolescentes.
  • Le mystère concernant leur disparition reste encore entier.

Cinq ans après, on ne sait toujours pas ce que sont devenues les deux fillettes handicapées, disparues en 2016 à Nérac (Lot-et-Garonne). La justice a ordonné mercredi le renvoi du dossier à l’instruction et la libération de leur mère, soupçonnée d’avoir tué les adolescentes.

Après quatre ans et demi d’enquête, Naïma Bel Allam, 53 ans, avait été renvoyée devant les assises pour y répondre « d’homicides volontaires aggravés » sur Nawal et Ines, ses deux filles lourdement handicapées alors âgées de 12 et 13 ans. Mais ses défenseurs, soulignant l’absence d’aveu et de cadavres, avaient contesté ce renvoi auprès de la chambre de l’instruction de la cour d’Appel d’Agen.

L’enquête va reprendre

Celle-ci a donc décidé de renvoyer le dossier à l’instruction, pour que l’enquête soit reprise, et ordonné la libération de la mère, incarcérée depuis septembre 2017, qui sera placée sous contrôle judiciaire, a dit à l’AFP Me Sophie Grolleau. « C’est une très bonne décision, la Cour a estimé que l’instruction n’était pas suffisante et demandé un supplément d’information », s’est félicité Me Grolleau.

Au cours de ses auditions et interrogatoires, dans des versions qui ont varié, la mère a assuré que ses filles étaient « toujours vivantes », confiées sous bonne garde de proches, mais sans en révéler le lieu. Une position qu’elle a réitérée devant la chambre de l’instruction le 20 octobre dernier. « Elle ne veut pas le dire car elle a trop peur que ses filles soient placées, c’est sa plus grande phobie », explique l’avocate.

Les deux sœurs présentant de lourds handicaps moteurs et mentaux n’ont plus donné signe de vie depuis le mois de décembre 2016 et leur départ de l’établissement spécialisé de jour où elles étaient prises en charge. Leur disparition avait été signalée fin avril 2017 au procureur de la République d’Agen par les services du département.

Abandonnée par son mari

D’abord poursuivie pour « délaissement de mineures » en septembre 2017, leur mère Naïma Bel Allam avait vu sa mise en examen transformée en « homicides volontaires aggravés » en janvier 2018, après la découverte d’une tache « brunâtre » au domicile de Nérac. « Mais on ne peut dire qu’il s’agit de sang », assure son avocate sur la foi d’une expertise. D’origine marocaine, la mère, ex-comptable abandonnée par son mari, élevait seule ses deux filles nées avec des malformations. « Quand elle demandait de l’aide, des soins et des prises en charges pour pouvoir souffler, elle se retrouvait face à des refus », raconte son avocate.

« Elle aime ses filles, mais elle a perdu toute confiance dans le système des institutions spécialisées. Sa décision a donc été de mettre ses filles hors de danger, hors de France », poursuit l’avocate. Malgré des investigations poussées jusqu’au Maroc, les enquêteurs n’ont jamais pu identifier le lieu où pourraient se trouver les deux sœurs.