Espagne : Une mère condamnée pour l’enlèvement de ses enfants partiellement graciée

JUSTICE Cette mesure réduit à un an et trois mois la peine de deux ans et demi de prison à laquelle Juana Rivas avait été condamnée et lève également le retrait de son autorité parentale

20 Minutes avec agences
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Un parent qui tient la main à son enfant.
Un parent qui tient la main à son enfant. — Pixabay

Condamnée pour l’enlèvement de ses enfants dans une affaire ayant fait grand bruit en Espagne, Juana Rivas a vu sa peine réduite en vertu d’une grâce partielle octroyée ce mardi par le gouvernement, lui permettant également de récupérer son autorité parentale. Le gouvernement a « pris en considération l’intérêt de ses enfants et les circonstances auxquelles cette femme a dû faire face lorsqu’elle a pris ces décisions pour lesquelles elle a été condamnée », a déclaré la porte-parole du gouvernement Isabel Rodriguez.

Cette mesure de « grâce partielle » réduit à un an et trois mois la peine de 2 ans et demi de prison à laquelle Juana Rivas avait été condamnée et lève le retrait de son autorité parentale, lui substituant 180 jours de travaux d’intérêt général. Juana Rivas s’était enfuie en mai 2016 avec ses deux enfants de Sardaigne, en Italie, où elle habitait avec sa famille pour se réfugier en Espagne.



Un « acte de justice et de réparation »

Elle y avait déposé une plainte pour violences conjugales, des accusations niées par son compagnon, Francesco Arcuri. Elle affirmait dans sa plainte avoir vécu un enfer, disant que son compagnon « l’enfermait dans une pièce pendant des heures » et « la frappait » et que le plus âgé de ses enfants avait « beaucoup souffert et été témoin de nombreuses choses ». Un psychologue mandaté par la justice pour examiner l’enfant avait dit n’avoir trouvé aucune trace de traumatisme.

La bataille autour des enfants du couple est devenue publique en juillet 2017 lorsqu’un tribunal espagnol a ordonné à Juana Rivas de remettre les enfants à son ex-compagnon. Refusant de le faire, elle s’était cachée pendant un mois avant de les remettre à la police. De nombreux Espagnols la soutenant avaient clamé sur les réseaux sociaux « Juana est chez moi ». Cette affaire avait divisé en Espagne, où la lutte contre les violences sexistes est une priorité, certains critiquant la mère pour refuser d’obéir à une décision de justice et d’autres prenant sa défense en arguant que le père avait été condamné pour violences conjugales en 2009.

Il s’agit d’un « acte de justice et de réparation », a estimé sur Twitter la ministre de l’Egalité Irene Montero, qui permet de « combler la brèche » entre une législation inadaptée, selon elle, et la situation d'« une mère qui a protégé ses enfants de la violence machiste ». En avril, la Cour suprême espagnole avait déjà réduit la peine de prison de Juana Rivas de 5 ans à 2 ans et demi de prison, en considérant que, bien qu’il y ait eu deux enfants enlevés, elle avait commis un seul crime et non deux, comme l’avait établi la sentence de première instance.