Disparue du Tarn : « Je suis innocent », clame l’accusé au premier jour de son procès en appel

PROCES Guerric Jehanno est accusé d’avoir violé et tué Amandine Estrabaud, disparue il y a huit ans dans le Tarn et dont le corps n’a jamais été retrouvé

20 Minutes avec AFP
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La cour d'assises de Haute-Garonne, à Toulouse (illustration)
La cour d'assises de Haute-Garonne, à Toulouse (illustration) — A.GELEBART/20MINUTES
  • Amandine Estrabaud avait 30 ans quand elle s’est volatilisée de sa maison de Roquecourbe, dans le Tarn, le 18 juin 2013.
  • Guerric Jehanno, un maçon solitaire, est jugé en appel depuis ce lundi à Toulouse pour avoir violé et tué la jeune femme puis avoir fait disparaître son corps.
  • Condamné à 30 ans de réclusion criminelle lors de son premier procès, il clame toujours son innocence.

« Je suis innocent, non coupable… Ça fait cinq ans et demi que je suis en détention… Il faut que ça s’arrête ». Au premier jour de son procès en appel pour le viol et le meurtre d'Amandine Estrabaud, « la disparue du Tarn », Guerric Jehanno, qui en pinçait secrètement pour la victime, s’est défendu de toute implication dans sa disparition.

L’ex-maçon de 32 ans est apparu à l’ouverture des débats moins passif que lors de son premier procès il y a un an à Albi. Marie-Hélène Pibouleau, l’une de ses avocats, en s’appuyant sur des experts psychiatres qui ont noté le « niveau intellectuel assez bas » de l’accusé, estime qu’à l’époque, il n’avait pas pris conscience de l’enjeu. « Ce n’est pas lui, donc à partir du moment où ce n’est pas lui, il n’a jamais cru qu’il allait être condamné. Il voit tout juste pourquoi on lui demande de se défendre », a-t-elle analysé en marge de l’audience.

La famille attend des aveux

Et si ses défenseurs attendent Guerric Jehanno plus combatif cette fois, la famille d’Amandine espère de son côté qu’il soulagera sa conscience, notamment pour permettre de retrouver le corps et de lui donner une sépulture décente. « Je pense que les faits sont tellement graves qu’il les a enfouis et qu’il s’est persuadé qu’il était innocent et s’est convaincu qu’il n’a rien fait. On le voit, il n’a plus du tout accès à ses émotions », souligne Rémy Estrabaud, le frère de la victime. « Il y a un moment en cour d’assises où il peut se passer quelque chose d’exceptionnel, explique aussi Guy Debuisson, l’avocat des parties civiles. Je pense que s’il sent vraiment qu’il ne s’en sortira pas, ne serait-ce que par empathie à l’égard de la famille, il n’est pas impossible qu’il avoue ».

Guerric Jehanno a toujours clamé son innocence devant les enquêteurs. Mais c’est sa mère, trouvant son comportement étrange après la disparition, qui avait remis les gendarmes sur sa piste trois ans après les faits. Et, en détention, il a avoué successivement à plusieurs codétenus avoir commis l’irréparable. Ces confidents de cellule seront demain à la barre des témoins. Le verdict de la cour d’assises de Haute-Garonne est attendu pour vendredi.