Toulouse : Un homme sera jugé 35 ans après pour le meurtre de Martine Escadeillas

ASSISES Un homme de 55 ans, arrêté en 2019, vient d’être renvoyé devant les assises pour le meurtre de Martine Escadeillas en 1986, à Ramonville, au sud-est de Toulouse

B.C.
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Le portrait de Martine Escadeillas, disparue en 1986 à 24 ans à Ramonville.
Le portrait de Martine Escadeillas, disparue en 1986 à 24 ans à Ramonville. — AFP
  • Le 8 décembre 1986 à Ramonville, près de Toulouse, Martine Escadeillas, une jeune femme de 24 ans, disparaissait. Des traces de son sang étaient retrouvées sur son palier et au sous-sol de son immeuble.
  • En 2019, 32 ans après, les gendarmes arrêtaient en Isère un de ses amis de l’époque, un père de famille alors âgé de 55 ans.
  • Cet homme, qui a un temps reconnu son implication, avant de se rétracter, vient d’être renvoyé devant les assises de la Haute-Garonne pour « homicide volontaire ».

Le 22 janvier 2019, les gendarmes arrêtaient en Isère un homme de 55 ans, soupçonné du meurtre de Martine Escadeillas, une jeune femme de 24 ans. Disparue depuis le 8 décembre 1986 à Ramonville, au sud-est de Toulouse, on avait retrouvé du sang sur le palier de son appartement mais aussi dans un cellier au sous-sol de son immeuble. Ce cold case avait connu un rebondissement en février 2016, après la réception par les gendarmes d’une personne qui faisait part de ses soupçons à propos d’une connaissance de la victime, Joël B.

Trois ans plus tard, et après avoir eu recours au logiciel AnaCrim et à des profilers, les enquêteurs de la section de recherches avaient donc décidé d’interpeller cet « ami » de la jeune secrétaire. Après avoir reconnu une « implication directe dans les faits » mais sans faire d’aveux circonstanciés, l’homme s’était rétracté quelques jours après son interpellation. Incarcéré depuis plus de deux ans, ce père de famille vient d’être renvoyé devant les assises de la Haute-Garonne, selon une information de La Dépêche du Midi confirmée à 20 Minutes par l’avocat du suspect.

Procès d’ici à la fin 2022

« On n’a rien, pas de scellés, pas d’éléments, on est sur des hypothèses. Le seul témoignage ne correspond pas », assure le défenseur de Joël B., maître Eric Mouton. La voisine de Martine Escadeillas avait aperçu dans l’immeuble un homme d’une cinquantaine d’années, dégarni et de forte corpulence, alors qu’à l’époque le suspect avait 23 ans. L’avocat estime aussi qu’aux premiers jours de l’enquête, « des choses auraient dû être vérifiées, notamment les alibis des uns et des autres ». A deux reprises, cette affaire avait été classée, en décembre 1989 et en 2008.

De son côté, la famille de Martine Escadeillas croit en la culpabilité de Joël B. et espère que l’homme dira lors de son procès, qui devrait se tenir d’ici à la fin de l’année 2022, où se trouve la sépulture de la jeune femme.