Procès Fillon : Le couple revient au tribunal à partir de ce lundi dans l’affaire des soupçons d’emplois fictifs

BIS REPETITA Il y a un an et demi, l’ancien Premier ministre avait été condamné à cinq ans d’emprisonnement dont deux ferme, 375.000 euros d’amende et dix ans d’inéligibilité

20 Minutes avec AFP
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Procès Fillon: Retour sur le «Penelopegate» — 20 Minutes

La justice se penche une nouvelle fois, à partir de ce lundi, sur le cas de François Fillon. L’ancien Premier ministre, sa femme et son ex-suppléant sont jugés en appel dans l’affaire des soupçons d’emplois fictifs de Penelope Fillon qui a plombé la course à l’Elysée de son époux en 2017.

Ce second procès se tient près d’un an et demi après la condamnation de l’ancien locataire de Matignon pour détournement de fonds publics notamment, à cinq ans d’emprisonnement dont deux ferme, 375.000 euros d’amende et dix ans d’inéligibilité. Il avait aussitôt fait appel. Les trois prévenus sont attendus au palais de justice de Paris à 13h30, pour une première journée consacrée à des questions de procédure.

Un travail « discret »

En plein débat pour l’investiture chez Les Républicains, la cour d’appel examine jusqu’au 30 novembre un dossier synonyme de spectaculaire naufrage politique lors de la dernière campagne présidentielle. Le Canard enchaîné avait dévoilé le « Penelopegate » le 24 janvier 2017, entraînant l’ouverture d’une enquête. Les révélations s’étaient succédé et le candidat de la droite, chantre de l’intégrité et favori des sondages, avait été mis examen à six semaines du premier tour.

Aujourd’hui âgé de 67 ans et retraité, François Fillon devra s’expliquer sur l’emploi de son épouse comme assistante parlementaire entre 1998 et 2013, dans le cadre de trois contrats signés par lui et par celui qui était alors son suppléant dans la Sarthe, Marc Joulaud. Des prestations rémunérées 613.000 euros net (plus d’un million d’euros brut) « fictives ou surévaluées » selon l’accusation, qui considère que les activités de Penelope Fillon relevaient du « rôle social » d’une « conjointe d’homme politique », mais pas d’une collaboratrice. Le travail de Penelope Fillon était certes « discret », majoritairement oral, mais « essentiel », a toujours clamé son mari.

Le couple est aussi jugé pour l’emploi de leurs deux enfants en tant qu’assistants parlementaires de leur père sénateur entre 2005 et 2007 (100.000 euros brut) ainsi que pour le lucratif contrat de Penelope Fillon comme « conseillère littéraire » en 2012 et 2013 à la Revue des deux mondes, propriété de Marc Ladreit de Lacharrière – 135.000 euros brut. Enfin, l’ancien Premier ministre est également poursuivi pour avoir omis de déclarer un prêt de Marc Ladreit de Lacharrière à hauteur de 50.000 euros à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) – il a été relaxé en première instance.

Plus d’un million d’euros pour l’Assemblée nationale

En première instance, Penelope Fillon a été condamnée à trois ans de prison avec sursis, 375.000 euros d’amende et deux ans d’inéligibilité. Marc Joulaud s’est vu infliger trois ans d’emprisonnement avec sursis, 20.000 euros d’amende avec sursis et cinq ans d’inéligibilité. Tous deux ont aussi fait appel. L’Assemblée nationale, partie civile, avait obtenu plus d’un million d’euros en dommages-intérêts.