Disparue du Tarn : Huit ans après la disparition d’Amandine Estrabaud, son meurtrier présumé jugé en appel

PROCES Condamné il y a un an à 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre et le viol d’Amandine Estrabaud, disparue en 2013 dans le Tarn, Guerric Jehanno est jugé en appel à partir de ce lundi par la cour d’assises de Haute-Garonne

Béatrice Colin
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Amandine Estrabaud a disparu le 18 juin 2013 dans le Tarn.
Amandine Estrabaud a disparu le 18 juin 2013 dans le Tarn. — H. Menal - 20 Minutes
  • Amandine Estrabaud a disparu le 18 juin 2013 à Roquecourbe, dans le Tarn et aucune trace d’elle n’a jamais été retrouvée depuis.
  • Trois ans après sa disparition, Guerric Jehanno, un jeune maçon du village, a été mis en examen et écroué pour le meurtre et le viol de la jeune femme.
  • Condamné l’an dernier à 30 ans de réclusion criminelle dans cette affaire, celui qui clame toujours son innocence est jugé en appel à partir de ce lundi par les assises de la Haute-Garonne.

La dernière fois qu’Amandine Estrabaud a été vue vivante, elle a été aperçue par sa voisine en train de rentrer dans sa maison de Roquecourbe, dans le Tarn, le 18 juin 2013. Selon ce témoignage, la jeune femme de 30 ans, surveillante dans un lycée de Castres, était alors accompagnée par un homme en pantalon de chantier, arrivé avec elle au volant d’une camionnette blanche.

Depuis plus de huit ans, plus personne n’a eu de contact avec la jeune femme et le mystère demeure sur ce qui a pu arriver ce jour-là. Alertés par sa mère, à leur arrivée à Roquecourbe, les gendarmes ont découvert la porte d’entrée de la jeune femme ouverte, et à l’extérieur ses chaussures et des boucles d’oreilles.

Ce lundi, à Toulouse, le procès en appel de son meurtrier présumé s’ouvre devant les assises de la Haute-Garonne. Il y a un an, Guerric Jehanno, un ancien maçon que connaissait la disparue, a été condamné à trente de réclusion pour l’enlèvement, le viol et le meurtre d’Amandine Estrabaud.

Pas de preuves mais des aveux « contestés »

Dans cette affaire, sans corps ni preuve matérielle, les enquêteurs ont suivi un faisceau d’indices qui convergeaient vers le jeune homme, aujourd’hui âgé de 33 ans, aussi originaire de Roquecourbe. Mis en examen et incarcéré en avril 2016, il clame depuis son innocence alors que la famille d’Amandine est de son côté persuadé de sa culpabilité.

Au cours de l’enquête, ce dernier a reconnu qu’il trouvait la jeune femme séduisante. Dépendant aux jeux vidéo et à la pornographie, le maçon, qui buvait régulièrement, avait des difficultés à aborder les femmes et à construire une relation amoureuse selon les éléments dévoilés lors de son premier procès. Mais ce qui a certainement contribué à forger l’intime conviction de la famille d’Amandine Estrabaud, ce sont les aveux qu’auraient recueillis quatre codétenus de Cédric Jehanno, l’un ayant même produit un plan de l’endroit où se trouverait son corps.

Aucune des nombreuses recherches n’a permis de découvrir où se trouvait la sépulture de la jeune femme. « L’horreur de cette situation, c’est qu’il a été condamné sur des ragots intéressés et non concordants qu’aucun élément matériel n’est venu prouvé. Il est tout à fait possible qu’Amandine Estrabaud n’a pas été tuée, qu’est ce qui la retient ? Il y a des milliers de personnes qui disparaissent chaque année, pourquoi ne serait-elle pas l’une d’elles », avance Simon Cohen, l’avocat de l’accusé.

Pour lui, les arguments de l’accusation ne tiennent pas, la voisine n’ayant pas entendu de cri, aucune trace de lutte n’ayant été trouvé ou de sang attestant d’un crime. « C’est un dossier qui disqualifie notre système de preuves, les innocents ne sont plus à l’abri d’une condamnation », poursuit le défenseur de Guerric Jehanno qui émet aussi une autre piste.

En écho à l’affaire Delphine Jubillar, cette mère de famille disparue en décembre dernier à Cagnac-les-Mines, sans laisser de traces, il pose la question : « Et si on avait affaire à un tueur en série dans le Tarn, les tueurs en série existent dans toute la France, pourquoi pas dans le Tarn ? ». La famille d’Amandine Estrabaud espère de son côté connaître la vérité sur ce qui s’est passé.